‹ La Sibérie d'après les voyageurs les plus récentsChapitre 18 sur 28 · Ï.A SIBERIE · texte numérisé non relu

Ï.A SIBERIE

2kk

elles courent rapidement, et leurs pattes laissent sur la neige de légères traces, tantôt elles volent sans relâche, effleurant le sol ; rarement elles visitent les habitations isolées de la frontière, où les moineaux se reposent pendant la nuit, et où viennent aussi le soir quelques corbeaux pour dormir sous les corniches des églises et des habitations isolées. Si d’autres membres de la famille ailée sont aperçus, ils doivent être considérés, soit comme des traînards d’émigration, des invalides fort attardés offrant une proie facile à l’ennemi, soit comme des hôtes très-rares , tels que les cailles, les bruants, à qui la haute steppe est fatale, car ils y sont aisément découverts par l’homme.

En hiver, la nature est muette dans ces déserts arides, le vent siffle sur le pâle gazon, et fait claquer l’une contre l’autre les ramilles de la rhubarbe arborescente; les champs d’absinthe qui bordent les terrains recouverts d’une couche de sel, sont mornes et rigides. Pas un nuage dans le ciel, pas une ombre à laquelle le soleil fasse parcourir la profondeur des vastes solitudes. En se rapprochant de l’horizon, le bleu du ciel devient toujours plus clair, et se change parfois en une brillante teinte jaune. Des troupes d’antilopes bondissent çà et là, leurs formes légères se distinguent à peine dans le sombre arrière-plan formé par les montagnes, mais aucun bruit ne frappe nos oreilles, et si

LA S1BÉRIK.

un corbeau, dans son vol rapide, ne nous envoyait son croassement sonore, ou si, vers le soir, les alouettes et les pinsons, avant de se livrer au repos, ne murmuraient un léger gazouillis, on n’entendrait aucun autre son que les cris d’alarmes poussés par les passereaux autour des demeures de l’homme

1. Gustave Raddé, observations d’histoire naturelle, dans les Mittheilungen d’octobre 186V.

Page 1