P. de Tchihatcheff. Voyage dans l’Altaï oriental
péenne. Cependant ce n’étaient encore que des Kalmoulis , parlant exactement la même langue, c’est-à-dire un jargon turc. Mais, sous le rapport administratif ou politique, les Kalmouks établis à l’est de la Katounia diffèrent notablement de leurs confrères occidentaux. Ces derniers sont complètement soumis à la souveraineté de la Russie, tandis que les premiers relèvent tout à la fois de deux empires limitrophes et sont désignés chez les Russes par le nom de Dvocdantzi, ce qui veut dire littéralement payeurs d’un double tribut ; effectivement, le gouvernement du Céleste Empire en perçoit un, de même que le gouvernement russe. A cette particularité près, les Kalmouks occidentaux et orientaux offrent dans leurs mœurs la plus parfaite identité, et eux-mèmes ne croient différer les uns des autres que par les localités qu’ils occupent respectivement : aussi s’en servent-ils pour se désigner réciproquement. Us appellent les Kalmouks établis à l’ouest de la Katounia Altaï guichi ou Kadoune guichi (gens de L’Altaï ou de la Katounia), tandis qu’à leur tour ces derniers désignent leurs confrères orientaux par l’épithète de Tchouya guichi (gens de la Tchouya), etc. Quant au nom collectif et et très-vague de Kalmouk, le seul employé parmi les Russes, les peuples auxquels on l’applique l’ignorent complètement. Il en est de ce nom comme de celui de Tatar , connu de tout le monde , excepté
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de ceux à qui on l’impose. Au reste, ce n’est que dans les premières années de ce siècle qu’Abel Rémusat et M. Klaproth ont dissipé la confusion et le chaos occasionnés par l’usage de ces dénominations vagues de Talars, Mongols, Turcs, Kirghiz, etc., qui souvent n’exprimaient rien du tout, ou recevaient presque toujours une fausse application.
Les annales chinoises désignent par le nom de Ta-ta, une petite tribu de l’ancien peuple Ma-ho ou Mo-Kho, lequel, divisé en plusieurs peuplades, toutes d’une origine commune, habitait, au cinquième siècle après la naissance de Jésus-Christ *, ainsi que les Toungous (ancêtres des Mandchoux), cette partie de la Mandchourie actuelle qu’arrosent les trois affluents de l’Amour: le Songari oula, le Klialka et le Rerlon. Tchinghis-Khan, qui était luimème de la tribu des Ta-la après avoir soumis à sa souveraineté toutes les peuplades qui composaient le Ma-ho, imposa à la totalité de ses nouveaux sujets le nom de Mongol; de manière que les Ta-ta, ainsi que les autres membres des anciens Ma-ho, furent indistinctement compris sous la dénomination générale de Mongols.
Mais le nom de Ta-ta , affecté d’abord à une petite fraction des tribus mongoles, bien loin de s’éteindre, finit par prendre une extension tout