Rappelons que le miile marin représente 1851 mètres
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au nord-est, au delà du point touché par Cook, le cap Barrow, où il fut arrêté par les glaces. En même temps, sir John Franklin, naviguant à l'ouest de la rivière Mackensie, poussait jusqu'au 148° degré 52° O. (Gr.), c'est-à-dire jusqu’à un point situé à environ 7 degrés et demi de celui qu'atteignait Beechey dans la direction de l’ouest.
En 1837, Dease et Simpson, tous deux officiers de la
Le cap Barrow.
Compagnie de la baie d'Hudson, atteignirent le cap Barrow par l’est, et complétèrent ainsi l'exploration de la côte de l'Amérique russe. Juste au moment où Dease et Simpson venaient de quitter le cap Barrow pour retourner sur leurs pas, une expédition envoyée par la Compagnie russo-américaine des fourrures arriva au même point par l'ouest, et trouva les indigènes rassemblés en grand nombre pour marcher contre les explorateurs anglais, afin de les massacrer. En se retirant sans
tenter d'avancer plus loin, ceux-ci avaient échappé à un danger dont ils ne se doutaient pas. Les Russes, étant peu nombreux, battirent en retraite à la hâte, et, de la sorte, le cap Barrow, ou, comme on l’appelle encore, la pointe Barrow, resta l’ultima Thule de l'exploration sur la côte nord.
A dater de la découverte première de la côte, les explorations russes ne se ralentirent pas. Le gouvernement encouragea les expéditions à la recherche d’un passage nord-est vers l'Atlantique. En même temps, des explorateurs particuliers étudièrent la côte et les nombreuses îles qui la masquaient. En 1783, une expédition commerciale suivit la ligne des îles Aléoutiennes et la côte jusqu’au 66° parallèle. Elle trouva les côtes très rocheuses, regorgeant d'otaries, et l’intérieur des terres plein de renards. Une colonie fut établie sur l’île de Kodiak, et un commerce de fourrures ouvert avec le continent asiatique. D’autres explorations au nord et au sud donnèrent les mêmes résultats et ouvrirent un vaste champ aux chasseurs de fourrures.
En 1799, l’empereur Paul autorisa ces diverses compagnies à se fusionner en une seule, sous le nom de C'ompagnie russo-américaine des fourrures, et donna à celle-ci la mission d'occuper et de soumettre à la Russie tout le territoire au nord du 55° degré, non encore occupé ni revendiqué par d’autres nations, avec le privilège exclusif de la chasse et du commerce sur ce territoire. De cette façon, une chaîne de postes commerciaux et de forts fut établie du canal de Dixon au golfe de Norton. Le quartier général de la Compagnie fut, dans la suite, transporté de l'ile de Kodiak à l'île de Sitka, à 17 degrés plus à l’est, où fut formé un établissement considérable de Russes, d’Aléoutiens et d’indigènes.
Les opérations commerciales de la Compagnie se bor-
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nèrent principalement aux îles qui bordent la côte et au rivage de la terre ferme. Une haute chaîne de montagnes descend à la mer à partir du canal de Dixon jusqu’au cap Spencer; les Russes ne pénétrèrent point au delà. En arrière, le pays était exploité par la Compagnie de la baie d'Hudson, et la question de savoir jusqu'où s'étendaient les droits de chaque Compagnie demeura longtemps indécise. Les traités de 1824 et 1825 confirmèrent les Russes dans la possession de toute la péninsule nordouest, à l’ouest du 141° long. O. (Gr.), ainsi que d’une étroite bande de rivage descendant jusqu’à l'Entrée de l'Observatoire avec toutes les îles de la côte. Une concession à bail de la côte, du cap Spencer à la frontière sud, fut accordée à la Compagnie de la baie d'Hudson pour les besoins de ses chasses et de son commerce. Les expéditions successives, scientifiques et commerciales, sur la côte, en avaient fait connaître parfaitement la configuration générale et les traits particuliers; les rivages déserts de la mer de Behring eux-mêmes étaient devenus familiers aux navigateurs et aux chasseurs russes. De l’intérieur de la grande péninsule qui formait la principale possession russe sur le continent américain, on ne savait que fort peu de chose. Dans les premiers temps de la Compagnie des fourrures, les commerçants de Kodiak entendirent vaguement parler d’une grande rivière qui prenait sa source dans les montagnes Rocheuses, et qui, après avoir traversé un vaste territoire inconnu, se jetait dans la mer de Behring. En 1819, le gouvernement russe obtint une description de !2 baie de Bristol, où un poste de commerce avait été établi à l'embouchure de la rivière Nouchagak, ainsi que de la mer de Bebring, à partir de la baie, dans la direction du nord, jusqu’au cap Romanzoff. On apprit de la sorte l'existence d’une large rivière, la Kouskok-
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wime, qui se jetait dans la mer à moitié chemin entre le cap Romanzoff et l’extrémité de la baïe de Bristol.
En 1829, le lieutenant Nasilef explora la Kouskokwime sur une courte distance, dans le but de découvrir quel lien existait entre cette rivière et le Nouchagak. Le résultat de cette exploration fut l'établissement d’un poste commercial, le fort Kolmakoff, sur la Kouskokwime, à environ deux cent quarante kilomètres de son embouchure, entre ce poste et le fort Alexandre sur la baie de Bristol, où une communication fut entretenue au moyen d’une série de rivières et de portages. On appelle portage, en Amérique, un espace compris entre deux cours d’eau navigables et où l’on porte son canot d’une rivière à l’autre. Ce mot est d'origine franco-canadienne.
En 1833, le gouverneur Wrangel choisit l’île de Saint- Michel dans le golfe de Norton, pour site d’un fort et d'un poste de commerce. Des relations furent ouvertes avec les indigènes de la terre ferme, et l’on obtint des renseignements plus détaillés sur l'existence de la large rivière du Kvihpak ou Kwichpak, sur laquelle on avait une foule de rapports obscurs. Cette rivière, comme on le verra plus loin, est la même que l’Youkon. Le premier nom paraît se donner plus particulièrement à la partie inférieure de son cours. Jusqu'à présent la plupart des cartes, même parmi les cartes récentes, ont fait à tort deux cours d'eau différents de l'Youkon st du Kvihpak, le premier prenant sa source dans l'Amérique anglaise et se jetant, par la rivière Colville, dans l’océan Glacial ; le second prenant sa source vers le centre des possessions russes et se jetant dans la mer de Behring, dans la partie sud du golfe de Norton. Nous croyons devoirsignaler cette erreur aux lecteurs qui voudraient suivre sur desatlas non corrigéslesexplorationsdiversesdécritesici.
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