LEA
Le Kvihpak était un puissant cours d’eau; les naturels ne savaient rien de sa source, si ce n'est qu'elle était située très loin dans l’intérieur. Il venait de l’est jusqu’à cent cinquante kilomètres environ de la côte, puis il retournait brusquement au sud, coulait dans cette direction trois cents autres kilomètres et reprenait son cours vers l’ouest pour enfin se jeter dans la mer, par plusieurs
.embouchures, au-dessous du golfe de Norton.
Le pays qu'il traversait était Lrès boisé, car le rivage de la mer au-dessous de ses embouchures était toujours encombré de bois entraînés qui fournissaient aux indigènes de la côte des bois de charpente et du combustible.
Plusieurs expéditions furent envoyées du fort Saint- Michel pour explorer les bouches du Kvihpak ; maiselles furent toujours arrêtées en chemin par le peu de profondeur de l’eau sur la côte et par d’autres difficultés. On essaya en même temps d'ouvrir des communications par terre entre le fort Saint-Michel et les bassins du Kvihpak et de la Kouskokwime; quelques postes de commerce furent établis, non sans de nombreuses difficultés, sur différents points, les indigènes de l'intérieur, très différents de ceux de la côte, ayant toujours montré des dispositions très hostiles à l'égard des envahisseurs blancs. |
En 1841, le gouvernement russe chargea le lieutenant Zagoyskin, accompagné de six autres personnes, de passer deux années à explorer les bassins du Kvihpak et de la Kouskokwime. L'année suivante, au mois d'août, la petite expédition partit de Saint-Michel, dans des canots de peaux de phoque, et côtoya le golfe de Norton vers le nord jusqu'à la rivière Unalakleat, c'est-à-dire sur un trajet d’une centaine de kilomètres, explorant la côte chemin faisant. La saison était trop avancée pour
aturels e était usqu'à s ilredirec- | COUTS asieurs
age de )Jujours IX indi- 1 COM-
| Saintais elles de pro- Ités. On [cations ins du stes de es diffiérieur, ontré isseurs
tenant es, de pak et d'août, s des orton à-dire ant la
pour
qu'on pût s’enfoncer dans l'intérieur au moyen de bateaux, et les explorateurs regagnèrent le fort Saint- Michel, où ils s’occupèrent activement des préparatifs d’un voyage d'hiver dans les terres.
Le 5 décembre, ils partirent de nouveau avec cinq traineaux et trente-sept chiens. Après avoir, durant sept jours, essuyé de rudes tempêtes de neige, ils atteignirent le village situé à l'embouchure de l'Unalakleat, et remontèrent cette rivière avec l'intention de gagner le Kvihpak par les montagnes, route ordinairement suivie par les indigènes. La continuation des tempêtes de neige les empêcha de mettre ce projet à exécution, et ils furent forcés de revenir sur leurs pas.
L'Unalakleat entre dans le golfe de Norton par l'est. Son cours est très sinueux, mais sa longueur, en ligne droite, peut être de cent à cent vingt kilomètres. A deux kilomètres et demi de son embouchure, commence une forêt qui couvre ses deux rives sur une profondeur de cinq à six cents mètres de chaque côté, et dont l'essence est l’aune, le peuplier et le sapin. Pendant dix ou douze kilomètres, les montagnes de la côte se prolongent à peu près parallèlement à la rivière, les rochers de la rive droite étant beaucoup plus hauts que ceux de la rive gauche. La largeur de la rivière, dans la partie inférieure de son cours, varie de quarantecinq à cent soixante mètres.
Le 29 décembre, comme la neige était tombée en quantité suffisante, l'expédition se remit en route sur des traîneaux et réussit à atteindre le Kvihpak par 64°20' lat. N., à quatre-vingts kilomètres environ audessus de son embouchure. Là on trouva une rivière large à peu près de deux mille quatre cents mètres, toute gelée, dont on se servit pour remonter au nordest, jusqu’au village indigène de Nulato par 64°42’lat. N,
je ge 5
CPE UE
Re es
et 15758" long. O., point le plus élevé qui ait été atteint par les commerçants russes.
De Nulato, après un mois de repos, les explorateurs se remirent en route le 25 février 1843, pour le pays en amont de la rivière de Nulato, marchant durant sept jours dans la direction du nord-est, coupant les fréquents détours de la rivière en traversant des plaines marécageuses, et, dans une circonstance, une forêt. Après avoir atteint le point d’où un chemin indigène menait au golfe de Kotzebue, le lieutenant Zagoyskin tâcha de persuader aux naturels de le conduire à ce golfe; mais ceux-ci refusèrent obstinément, sous prétexte que le temps de la chasse aux rennes était venu, et que s'ils ne se mettaient pas immédiatement en campagne, le village mourrait de faim. L'expédition partit alors seule, trouvant la route marquée par des piquets; mais, au bout de cinq jours, le défaut de vivres l'obligea à rétrograder alors qu'elle avait poussé déjà jusqu'au 65°36'lat. N.
On se convainquit que, par cette route, il se faisait un commerce actif entre les naturels de la côte et ceux de Nulalo et du haut Kvihpak. Ces derniers apportaient leurs fourrures et recevaient en échange du fer, du tabac, des verroteries et autres articles que les indigènes de la côte se procuraient des commerçants russes, des baleiniers qui remontaient au-dessus des postes russes pour faire un coinmerce illicite de fourrures, ou des indigènes asiatiques qui entretenaient des rapports commerciaux à travers le détroit de Behring avec leurs frères de l’autre continent.
Le 3 juin, muni de provisions pour un mois, le lieutenant Zagoyskin, avec six hommes et un interprète indigène, partit de Nulato dans un grand canot de peaux de phoque, dans l'intention d'atteindre les mon-
teint
teurs ys en t sept s fréaines forêt.
igène yskin à ce s prévenu, nt en dition r des vivres déjà
aisait ceux taient lu tavènes s, des usses
des ports leurs
lieuprète pt de on-
tagnes qui séparent l'Amérique russe de l'Amérique anglaise, et de relier le Kvihpak de la côte du Pacifique avec l'Youkon del’Amérique anglaise, lequel figurait à tort sur les cartes (et ont encore figuré longtemps sur la plupart de celles de provenance américaine) comme se déversant dans la mer Glaciale par la rivière Colville, entre la rivière Mackensie et la pointe Barrow.
Au-dessus de Nulato, le Kvihpak, pendanc une douzaine de milles, avait une largeur de deux ikilomètres et demi à peu près. Son cours est encombré de petites îles longues et étroites, reliées entre elles par des barres de sable qui, aux basses eaux, sont à sec. Au-dessus de sa jonction avec le Nulato, la rivière traverse, pendant plusieurs kilomètres, un pays plat couvert de petits lacs très poissonneux. De nombrenx ruisseaux s’y jetaient à droite et à gauche, et les rives étaient couvertes de bois assez épais de saules, d’aunes, de trembles, de bouleaux, de peupliers et de grands sapins. Ces bois ne s’étendaient pas à une grande distance de la rivière ; derrière eux, des plaines marécageuses allaient rejoindre le pied des collines qui séparent les affluents du Kvihpak de ceux des rivières de plus petite dimension qui coulent de chaque côté de la chaîne, Quelques-unes de ces collines atteignent des hauteurs variant de cent cinquante à quatre cent cinquante mètres; l’une d'elles, qui borde le Kvihpak, se termine par un volcan arrondi, auquel les naturels donnent le nom de Vatagatch.
A trois cent kilomètres environ au-dessus du Nulato, l'expédition fut arrêtée par un obstacle sérieux; un banc de sable traversait le cours de la rivière. Les naturels transportent d'ordinaire leurs canots de l’autre côté ; mais le banc était pour le moment recouvert par l’eau. La rapidité du courant fit qu'on ne put le franchir
Us D Er an 00 Poe me EE D ais 20 da bbftai à;
germe ei à
is :
D Se
On 2 nn 2 ae Me