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l'ouverture du toit, est revêtu de mottes de gazon et de terre, de manière à former un dôme écrasé. Le sol de l'intérieur est au-dessous de la surface du terrain général, à une profondeur qui est à peu près la moitié de la hauteur de la hutte, prise intérieurement. L'accès a lieu par un tunnel ou galerie couverte, longue de cinq à six mètres, qui communique à une palissade carrée fermée par une porte. En dedans de la palissade est une ouverture circulaire par laquelle on descend dans le tunnel.
La hutte à de quinze à seize mètres carrés ; le long des parois, des blocs de bois servent de sièges. Le feu brûle au centre, immédiatement sous le trou ouvert dans la toiture. L’ameublement et. les ustensiles de la hutte se composent de bouilloires achetées aux baleiniers, de pots de terre, ouvrage des indigènes, semblables à nos pots à fleurs et servant à diverses fins, et d’une lampe, espèce de saucière de terre sèche, remplie de graisse et de mousse séchée qui fait l'office de mèche. Quand vient la nuit, les habitants de la hutte laissent mourir le feu, tendent des peaux séchées pour fermer l'orifice du toit, l'entrée circulaire pratiquée dans la palissade et la percée qui conduit de la hutte au tunnel, interceptant ainsi tout courant d'air. Puis, couchés la tête contre le foyer et appuyée sur un bloc de bois en guise d'oreiller, ils dorment dans une atmosphère chaude et dense comme celle d’un four chauffé à petit feu.
Au centre de chaque village est le « kadgim », ou grande maison de réunion. C'est là qu’on travaille, qu'on festoie, qu'on reçoit les visiteurs et que couchent les hommes. Bâti sur le même plan que les autres huttes, le kadgim est beaucoup plus large et plus haut. Tout alentour est disposée une banquette élevée qui sert de divan. C'est dans le kadgim d’Ulucouk que le lieutenant
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Zagoyskin assista à la cérémonie traditionnelle accomplie en l'honneur de l'esprit marin Ugiak, et qui consiste à « noyer de petites vessies dans la mer ».
Quand Zagoyskin pénétra dans le kadgim, il letrouva occupé par une cinquantaine d'hommes qui venaient de se laver dans un liquide fumant impossible à désigner d'une manière plus explicite. La puanteur était horrible et la chaleur suffocante. Il n’y avait pas toutefois moyen de s’y soustraire, la fête commençait. A une lanière de peau d’élan tendue à travers la pièce étaient suspendues une centaine de vessies couvertes de peintures fantastiques, et enlevées à des animaux tués au moyen de flèches seulement. À un bout de ce singulier chapelet était un goëland avec une sculpture grossière représentant une tête d'homme, et à l’autre, deux perdrix. Des fils attachés au chapelet en question et passés
par-dessus la croix de charpente du plafond de la hutte.
servaient à faire danser vessies et figures. Sous celles-ci était planté dans le sol un bâton de deux mètres garni de paille. Un indigène sortit du groupe et se mit à danser solennellement devant les vessies; puis, arrachant quelques brins de paille au bâton, illes alluma et les passa sous les vessies et les images, de manière à les enfumer successivement. Le bâton empaillé fut ensuite porté dehors, et tous les occupants du kadgim, au son monotone du tambourin, se livrèrent à une danse effrénée qui dura la plus grande partie du jour, et pour laquelle ils s'étaient au préalable mis nus jusqu’à la ceinture, À de fréquents intervalles, les femmes apportaient du poisson geléet des lon, es de chair de renne que les danseurs dévoraient avec gloutonnerie, après quoi ils reprenaient de plus belle leurs contorsions et leurs gambades. Après s'être trémoussés tout le jour au milieu de cette atmosphère empestée, les danseurs finirent par
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s'étendre pêle-mêle sur le sol, tous la tête vers le foyer, et dormirent jusqu’au matin.
Contrairement aux naturels du Kamtchatka, qui s’enivrent de la plus dégoûtante façon, les Esquimaux de la côte américaine de la mer de Behring n’ont pas de boissons stimulantes. Ils se grisent, eux, au moyen de la fumée du tabac qu'ils avalent dans cette intention,
Esquimau de la côte américaine de la mer de Bchring.
et qui, absorbée dans les poumons, produit une intoxication partielle. Dans un des grands festins auxquels ils assistèrent, quelques membres de l'expédition Kennicott se virent offrir par les indigènes un mets que, sans trouver absolument exquis, ils mangèrent néanmoins sans aversion, annoncé qu'il était comme une délicate friandise de la cuisine hyperboréenne. Qu'on juge de leur dégoût quand plus tard, voulant connaître les ingrédients qui le composaient, ils apprirent que le délicieux dessert était du gras de renne mâché en pâte par
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les vieilles femmes, puis mélangé à de la neige et agrémenté de baies!
Les indigènes du cours inférieur de la Kouskokwime ont des cérémonies funéraires bizarres. Les membres de la famille du mort ne mangent que des mets aigris ou vieux d’une année, ets’abstiennent durant vingt jours d'aller à la rivière. Ils passent le temps assis dans un coin de la hutte, le dos tourné à la porte. Ils se lavent tous les cinq jours, sans quoi, suivant eux, tous les autres parents du défunt mourraient. Avant les funérailles, le corps est porté dans le kadgim, où ilest placé, assis, les pieds allongés, dans un coin en face de la porte. Les habitants du village apportent, à titre d'offrandes votives, des habits de peaux; on en passe un au mort et l’on met les autres dans une boîte à côté du corps. La boîte, portée au lieu de sépulture, est placée sur quatre piquets auprès desquels on dresse une large planche représentant en effigie l’objet que le défunt aimait le mieux. En face sont groupés des articles ayant appartenu au défunt; le reste de ses effets est partagé dans le kadgim.
Les indigènes de l’intérieur brûlent leurs morts, mais, lorsqu'un individu meurt en hiver, les parents transportent le cadavre avec eux et s’en servent Ja it, au lieu de bloc de bois, en guise d'oreiller; ils ne le brûlent qu'au retour de la saison chaude.
Les naturels de la Kouskokwime ont aussi, comme chez nous les enfants à Noël, l'habitude de cacher certains objets un certain temps, afin de les offrir en surprise, lors d’une fête particulière, aux membres de leur famille.
Le 8 novembre, la rivière d'Unalakleat était suffisamment gelée pour être franchie en traîneau. Le froid augmenta rapidement. Le thermomètre, qui, ce jour-
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