‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 16 sur 38 · L: vapeur « le Wade » à Outchostika · texte numérisé non relu

L: vapeur « le Wade » à Outchostika

pour être déposé à Outchostika ; on y ajouta un cercueil, destiné à recevoir les restes de John Robinson, et, le 28, MM. Bush et Norton se rendaient à bord pour remonter l’'Anadyr. Après trois jours de lutte contre le courant, ils atteignaient Outchostika.

« C'était pour la première fois, depuis la création, écrit notre voyageur, que les échos de ces rives désolées répondaient à l’aigre bruit du sifflet à vapeur; il n’est pas surprenant donc que les oies et lescanards sauvages,

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frappés de cet étrange son, se soient levés de leurs tranquilles lacs pour gagner la toundra à tire-d’aile, ou que les renards et les lièvres polaires aient quitté brusquement leurs terriers et leurs gites pour chercher de plus sûres retraites, Mème les rennes sauvages, qui broutaient au loin sur les collines, levèrent d’abord la tête avec étonnement puis s'enfuirent épouvantés quand la soupape s'ouvrit de nouveau et que la joyeuse fanfare de la vapeur sonna l’approche de l'avant-garde de la civilisation. Mais leur alarme était prématurée. Quelques semaines plus tard, cette partie du monde avait repris son état primitif de quiétude, troublée seulement par le cri familisr des oiseaux aquatiques, mêlé au jappement des renards, aux hurlements des loups et autres bruits analogues que lui a départis, dès l’origine des âges, le Créateur de toutes choses.

« Le petit steamer Wade fut la première embarcation à vapeur qui ait jamais sillonné ces eaux; ce sera probablement la dernière. Les siècles s’accumuleront, et le nôtre sera enséveli à jamais dans les profondeurs du passé avant que le Wade ait un successeur; et, à moins que, par l'effet de quelque grande convulsion terrestre ou par celui du lent progrès de la nature, ce sol et ce climat ne deviennent plus propres qu'ils ne le sont aujourd’hui à la demeure de l'homme, le prochain grand appel qui résonnera sur ces solitudes désolées sera celui qui réveillera les vivants et les morts de tous les pays et de tous les temps. »

La curiosité qu’à l'approche du petit vapeur manifestérent le chef ami Yandenkow et ses Tchouctchis ne saurait se traduire. Ces pauvres indigènes demeuraient ébahis et absolument confondus. Quand le Wade s'arrêta

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devant eux, sur le rivage, les exclamations d’admiration retentirent sans fin, Bientôt ce fut à qui monterait à bord et examinerait chaque chose de près, de la poupe à la proue : la chaudière, les pistons, le foyer, tout, jusqu’à la soute au charbon, fut exploré par eux, pour découvrir l'insondable mystère,

Le retour à la station se fit en deux jours. A l’yourte de Telegraph Bluff, on embarqua les restes de Robinson, qui furent ensuite enterrés à côté de ceux de Geddes. Le Wade fit encore deux autres voyages jusqu'à Outchostika, avec un complet chargement de fils télégraphiques, d’isolateurs, etc. Au troisième voyage, juste en face du camp Macrae, il rencontra M. Macrae et son monde avec le premier radeau. Ils avaient quitté la station du Myan avec deux radeaux de mille poteaux télégraphiques chacun. On avait réparti le contenu de l’un d'eux le long de la rivière sur différents points où les traineaux pourraient venir se charger pendant l'hiver. Les vivres du Myan étaient presque épuisés, la petite colonie s’acheminait en conséquence vers la station du golfe pour y attendre les navires.

Lorsqu’en revenant le petit vapeur doubla le cap Large et arriva en vue de la station, la joie fut grande à bord d’apercevoir un navire à l'ancre à l'embouchure de la rivière Wade. Toutefois, en approchant, le plaisir se changea en désappointement. Le bâtiment déployait bien le pavillon de la compagnie, mais il suffisait d’un coup d’æil

Pacific N. W. Hjet-.

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