‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 29 sur 38 · gum- -Henry nné le uitler, di-uke · texte numérisé non relu

gum- -Henry nné le uitler, di-uke

par les arrivée es déjà uire à cher, à ss indiis dans toutes tucune oques, on des Le pré- , pour Ce traci sont eilleux ec une

n coup d’expétrainer ésasire à Terre nifique

empler ans ma

cabine, me disposant à me mettre au lit, quand j'entendis le capitaine qui me criait: « Hall, montez done, le « monde est en feu ! »

« Je savais ce qu’il voulait dire. Prompt comme la pensée, je me rhabillai, enjambai plusieurs Esquimaux endormis à côté de mon cadre et me précipitai vers l’escalier. Une seconde après, j’atteignais le pont et, en ouvrant la porte, j'étais ébloui par une éclatante lumière. Il semblait que le monde fût enveloppé dans les reflets d’une immense illumination de feux colorés. Un pareil effet n’admet pas de description possible . De toutes les puissances, il n’en est pas comme la tienne, Ô mon Dieu, pensai-je; et aucune œuvre n’approche de ton œuvre à toi! Puis j’essavai d'analyser la scène que j'avais autour de moi. Des masses de lumière d’or et de lumières prismatiques flottaient à l'horizon de l'occident au zénith. De ce point à l’orient, sur une bande de 20 degrés de largeur, des torrents de rayons partaient de haut en bas et de bas en haut, comme des fusées d’artifice et se succédaient avec la rapidité de l'éclair. Ni soleil, ni lune au firmament, le ciel néanmoins était resplendissant de

clarté au point qu’il eût été facile de lire sur le pont un

texte d'impression ordinaire.

« Partout une inondation, oui, une inondation de lumière, et quelle lumière ! les teintes dorées dominaient, mais à chaque instant toutes les couleurs du prisme s’en dégagaient par fusées précipitées.

« Nous étions là à regarder ébahis, tremblants d’émolion, car dans le même moment toute l’immense ceinture de l’aurore était crépitante d’étincelles.

« Aucun bruit n’accompagnait le merveilleux phéno-

mène. La nature faisait silence. On eût dit pourtant que

ane ce EEE

Loue tem

DS RE ARE. es Ee ne 2 ee

ge mr) 4

a eme

RE Dr LE ES ERA 9 ve pres

les rayons de feu descendaient sur le navire. Le capitaine

Buddington déclara n’avoir rien vu de semblable depuis .

onze ans qu’il fréquentait les régions arctiques, « et, pour

« vous dire la vérité, ami Hall, ajouta-t-il, je ne me sou- té

« cie pas de le revoir une seconde fois. » di Le 15 octobre, ils furent rejoints par le capitaine Parker, ni

qui commandait le True-Love, et par son fils, capitaine du vapeur Lady Celia. Le steamer avait remorqué le navire à voile de Niountelik dans le détroit de Northumberland

Ebierbing, pilote esquimau du « True-Love ».

jusque dans la baie qu’il plait à M. Hall de désigner sous le nom de Grinnell-Bay, mais que ces bâtiments devaient connaitre sous le nom de détroit et baie de Cumberland, ledit détroit étant un canal long de 250 kilomètres.

Le capitaine Parker avait pris pour pilote, à Niountelik, l’Esquimau Ebierbing, cité plus haut comme ayant visité l'Angleterre en 1855 avec sa femme Toukoulito. Ce couple intéressant vint faire visite à M. Hall à bord du George- Henry. Le mari et la femme parlaient couramment l’an-

aine puis pour sOU-

rker, ie du ire à and

" SOUS paient ‘and,

telik, visité ouple eorye- | l'an-

LE POLE NORD ET SES HABITANTS. 291 glais. M. Hall s’en fit de précieux auxiliaires, La femme était surtout très-intelligente.

« Toukoulito, écrit M. Hall, après son retour d’Angleterre, où elle et son wing-a (mari)avaient passé vingt mois, prit à tâche de répandre chez ses compatriotes les connaissances qu'elle avait acquises, enseignant par exemple

Toukoulito.

aux femmes à tricoter et utilisant de la même manière les diverses autres notions utiles qu’elle tenait du contact de la civilisation. Sur tous les points du détroit de Northumberland fréquentés par elle, elle s’est appliquée à améliorer l’état social des Esquimaux. Ainsi, elle à fait adopter à un très-grand nombre de femmes la manière de s'arranger les cheveux, la coutume de se laver le vi-

Re ve

um

appart pran asser Lee

bn Le VE S - En pe sr: de

sage et les mains, et de s’habiller d’une certaine façon. Ce n'est une preuve de ce que pourrait faire une personne comme elle pour doter les Esquimaux des bienfaits de l'instruction élémentaire et de la doctrine du christianisme. »

Pourquoi, en effet, n’essayerait-on pas pour ces pauvres sauvages des mesures qu'a prises le Danemark pour les Groënlandais et qui ont donné de bons résultats ?

M. Hall saisissait toutes les occasions qui maintenant s'offraient à lui de se mettre au courant des mœurs des indigènes, Un jour que l'équipage du George-Henry avait capturé une baleine et qu'avec le concours de sept kyaks on avait remorqué le monstre auprès du navire, il y eut à cette occasion grande joie parmi les Esquimaux à la pensée de l'immense quantité de provisions de bouche qui allait en résulter pour eux; La peau noire du cétacé est en effet un mets qu'ils apprécient fort. Cette peau, épaisse de ? ou 5 centimètres, ressemble à du caoutchouc. Les indigènes la mangent crue et M. Hall prétend qu’elle est excellente ainsi, mais que bouillie et assaisonnée de vinaigre elle fait un aliment délicieux.

Les Esquimaux qui avaient aidé à remorquer la baleine en question dévorèrent en un clin d'œil six mètres carrés de sa peau. Plus tard, ils découpèrent dans la chair (krang) d'énormes tranches que les femmes chargèrent dans leurs bateaux et portèrent à leur village. Pendant tout le temps de cette opération c'était à qui mangerait le pius, et cela dura tout le jour.

Il faut, dit M. Hall, que ces gens aient de prodigieux estomacs! ;e ne crois pas qu’en somme ils mangent plus que les blancs, mais la quantité de nourriture qu’ils peuvent absorber en un jour, — sauf à rester plusieurs jours

> per nfaits ristia-

paupour ?

enant rs des avait kvaks y eut x à la ouche ‘étacé peau, houc.

qu’elle ée de

aleine carrés

chair vérent ndant gerait

igieux t plus s peujours

à jeun, — est réellement étonnante. À vrai dire, ils constituent une race à part, appropriée au climat sous lequel elle vit et qui disparaitrait bientôt de la surface du globe si on l’arrachait aux régions glacées dont elle à fait sa patrie. Je suis d’avis que l'habitude qu'ont les Ésquimaux de manger leurs aliments crus est bonne, en tant qu’il s'agit du moins de leur santé à eux. Pour nous autres blancs qui n’avons pas été élevés à cela dès l'enfance, la viande crue nous inspire du dégoût, mais c’est là une simple affaire d'éducation. Quand pour la première fois je vis les indigènes se faire un régal de la chair crue de la baleine, l’idée me vint d’en essayer. »

Etnotre Américain en essaya, en effet, et trouva le mets tellement acceptable, qu'il le compara aussitôt à un blanc de dindon; seulement, la bouchée ne voutait pas descendre. Ce n’était pas que l'estomac refusât de l’admettre ; l’obstacle dépendait de la contexture résistante de cette viande. « J'avais beau la mastiquer à belles dents, ajoute l’expérimentateur, au bout d'une demi-heure de ce travail elle était plus dure encore qu’au début. A la fin, je reconnus que je m’y prenais mal. Les Esquimaux, eux, se fourrent dans la bouche un morceau aussi volumineux que le permet la plus grande distension de leurs mâchoires. Après l’avoir lubrifié un instant à la manière des boas, ils l'avalent tout d'une pièce. Le proverbe dit qu’il faut faire à Rome comme font les Romains : j'essayai la méthode indigène, et je réussis, mais pour le moment je me contentai de cette expérience unique. »

Le second essai que fit M. Hall de la cuisine du pays nous semble une tentative plus courageuse encore. On en jugera par cette page de son journal: « Après diner, écrit-il à la date du 30 octobre, un canot fut envoyé à la

côte pour faire de l’eau douce à l'extrémité de la baie; j'en profitai pour aller à terre. Il y avait la un village complet d'Esquimaux, et tous les habitants, hommes, femmes, enfants et chiens vinrent à notre rencontre. Notre équipage se composait de cinq matelots blancs, et chacun d’eux eut bientôt chargé un indigène du soin de porter de l’eau au canot, tandis que lui-même alla chercher à se divertir sous les tentes, Smith et moi, nous nous rendimes à un petit lac où l’eau se puisait, et nous mimes les Esquimaux à l'œuvre. Puis nous revinmes sur nos pas vers l’une des tentes. Smith, qui marchait le premier, essaya de pénétrer dans l’intérieur, mais iln’eut pas plutôt soulevé la portière de peau qui la fermait et introduit la tête au dedans, qu’il battit promptement en retraite : « Pouah! s'écria-t-il avec dégoût, quelle infection du dia- «ble! ça grouille de monde, et ça pue à renverser. On ne «m'y reprendra pas! » Et il continua sa route. Pour mon compte, décidé quand même à tout voir, je tins bon.

« Courbé en deux, je passai d'abord la tête, puis les épaules, puis le corps. Une seconde après, j’allai donner contre une douzaine d'Esquimaux, vigoureux gaillards entassés les uns sur les autres et armés chacun d’un couteau. Mais il n’y avait pas lieu de s'inquiéter. Aucun de ces couteaux tirés n’avait d'intention mauvaise. L'office qu’ils allaient accomplir, consistait à tuiller des bandes de chair de phoque, destinées à être enfournées dans les larges bouches des affamés que j'avais devant moi. Tout au fond de la tente, je reconnus un Esquimau de mes amis, Koudjessi, assis entre deux femmes avenantes, occupées comme lui à avoir raison d’un plat de sang de phoque tout chaud et fumant.

j'en nplet mes, équiacun orter her à

renimes s pas mier, lutôt ait la aile :

1 dia- Dn ne Pour e tins

is les dongailacun éter.

mauait à être » j'annus deux ison

« En m'apercevant, Koudjessi manifesta d’abord quelque embarras, mais quand j’eus déclaré que j'étais prèt à partager leur repas, une des femmes retira immédiatement de la casserole un morceau de vertèbre de phoque, long de quatre ou cinq pouces et entouré de bonne viande. Je n'en laissai que l'os et résolus ensuite de passer au second plat, le sang de phoque. À ma grande surprise, je le trouvai excellent. Tout d’abord, en recevant le vase qui contenait ce mets esquimau, j'hésitai. On se l'était passé à la ronde à plusieurs reprises, après l'avoir rempli chaque fois que le besoin était, et l'aspect extérieur était loin d’être séduisant, Il est probable qu’il n'avait jamais été lavé ; ilen avait du moins tout l’air. Néanmoins, je m'armai de courage, et quand le bol revint à mes voisins, m'adressant à Koudjessi : « Pe-e-uke? (est-ce bon?), lui demandai-je. — Armelarng, armelarng (Oui, oui), me répondit-il.

« Tous les yeux étaient fixés sur moi au moment où je me préparais à goûter enfin cette espèce de potage favori. — de dois dire ici que la coutume des Esquimaux pour boire du sang de phoque est de humer d’une haleine une longue gorgée, et dr passer le plat aux autres jusqu’à ce qu'il ait fait le tour de l'assistance. Je pris mon tour et trouvai la mixture non-seulement bonne, mais vraiment excellente, et je ne me serais jamais attendu à ce qu’elle fût si supérieure à ce que je supposais.

« Voyant que j'y prenais goût, la femme qui présidait au repas prépara tout de suite une jolie petite tasse, intérieurement et extérieurement propre, — je veux dire aussi propre que cela était possible chez les Esquimaux, —et me la présenta pleine de sang de phoque tout chaud. J'absorbai ce breuvage avec autant de plaisir que tout ce

qu'il m'était arrivé dans ma vie de boire ou de manger qui me piût, et pour reconnaitre la politesse de mon hôtesse, je lui donnai un mouchoir de coton aux couleurs éclatantes, Ce cadeau lui fit un plaisir extrême et toute la compagnie se joignit à elle pour me remercier! IL était évident que je venais de me faire des amis; je projetai d'en agir partout ainsi avec les indigènes.

« Quelques instants plus tard, je pris congé d’eux, et après être sorti de la tente en rampant à quatre pattes, je traversai le village et me dirigeai vers la plage, »

M. Hall revint souvent à terre et se mêla le plus possible aux Esquimaux. C'est ainsi qu’il fit la connaissance de l’angeko, pontife, médecin et sorcier de la tribu. L’ascendant de cet homme, nommé Ming-u-mai-lo, sur ses compatriotes était extrème, et il était évident qu'il en profitait pour vivre à leurs dépens. Un jour, l’angeko, voulant faire assister M. Hall à ses exercices, l’invita dans son tupie (tente, habitation d’été construite en peaux), où plusieurs indigènes étaient réunis. M. Hall était accompagné de son ami Koudjessi. Ming-u-mai-lo les fit asseoir sur le lit à côté d’une de ses femmes, — il en avait deux, la seconde était pour le moment absente. Alors commença, de la part du prophète, comme l’appelle M. Hall, une mimique désordonnée avec battements de mains, extases, danses, etc., qui se termina par la demande à l'adresse de l’homme blanc d’un des deux fusils qu’il avait en sa possession. Avant de rien accorder ou refuser, M. Hall s’informa auprès de Koudjessi si l’angeko pourrait lui être utile dans son exploration projetée de la Terre du Roi Guillaume. Sur la réponse affirmative de l’Esquimau, M, Hall dit à l’angeko que s’il voulait l’accompagner, à la saison prochaine, il aurait le fusil désiré.

À cette communication, le sorcier exprima la joie la plus vive, car il avait compris qu’on allait lui donner le fusil à l'instant même; il prenait les mains de M. Hall, lui jetait les bras autour du cou, courait en dansant dans la tente, et se livrait à mille extravagances, tant il se sentait heureux et fier d’avoir, à ce qu'il supposait, amené le kodluna (l’homme blanc) à reconnaitre son pouvoir magique. M. Hall eut toutes les peines du monde à lui faire entendre que ce cadeau n'aurait lieu que plus tard.

« Si complète néanmoins était sa joie, écrit notre voyageur, qu'il m'offrit celle qu'il me plairait de choisir de ses deux femmes, ainsi que tout ce dont j'aurais besoin en fait de peaux de rennes, peaux de phoques et autres articles. Il est probable qu'il avait en abondance des richesse *< de ‘ette espèce qu'il tenait de la crédulité de ses sectateurs; cela était évident pour moi d’après les rouleaux de belles peaux dont sa tente était pleine.

« Tandis que l’angeko me comblait ainsi d’amabilités, sa seconde femme entra et s’assit tranquillement auprès de la lampe, qu’elle se mit en devoir d’activer en y ajoutant de la graisse de phoque. Ce fut pour Ming-u-mai-lo, l'occasion d’insister de nouveau pour que j'acceptasse une de ses femmes. À chaque instant il revenait à la charge, me pressant de choisir l’une ou l’autre. Je lui fis bientôt comprendre que j'avais déjà une femme dans mon pays. Mais cette explication ne concordait en aucune façon avec ses idées sur le mariage ni, paraît-il, avec les idées de mesdimes ses épouses, car toutes les deux s'étaient mises à l’envi en frais de coquetterie et ne cessaient de se parer à mon intention de leurs plus gracieux sourires ; je leur demandai si réellement l'offre que m’a-

Page 1