‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 34 sur 38 · JU · texte numérisé non relu

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rure de très-jeune daim, par-dessus lequel elle portait un spencer de peau de renne dont le poil avait élé coupé court, et si uni qu’il était difficile de comprendre comment cette opération avait été exécutée. M. Hall lui donna un miroir de toilette portatif qui la jeta dans des extases de joie, et dont elle profita aussitôt pour arranger sa coiffure.

Toutes les jaquettes ont un capuchon qui sert à porter les enfants, ou à se couvrir la tête par le froid. En hiver, on met deux jaquettes : celle qui touche au corps a le poil tourné en dedans, l’autre l’a en dehors. Avant d’entrer dans l’iglou, les hommes ôtent leur première jaquette et la déposent dans une niche ad hoc, pratiquée dans le mur de neige de l’entrée.

Les pantalons descendent au-dessous du genou et sont serrés à la taille par un cordon. Ceux que portent les femmes se composent de trois pièces distinctes pour les deux jambes ‘ei le corps, et qui se mettent successivement,

La chaussure d'hiver complète comprend : 1° de longs bas de peau de renne avec la fourrure en dedans; 2° des chaussons de peau d’eider avec le duvet en dedans; 9° des chaussons de peau de phoque avec le poilen dehors; 4 des kumings (bottes indigènes) avec l’empeigne et la tige en peau de renne, le poil à l'extérieur, et des semelles épaisses.

Tout le monde porte des gants, quoique les femmes n’en aient généralement qu’un, celui de la main droite; la gauche est cachée par la manche. Les bagues et les bandes de cuivre poli pour les cheveux font aussi partie de la toilette féminine.

Les Esquimaux montrent une remarquable sagacité à

oo0 LE POLE NORD ET SES HABITANTS.

étudier les mœurs de leurs animaux et à en profiter pour eux-mêmes. Leurs habitations d'hiver, par exemple, sont faites sur le modèle de l’abri de neige que se construit le phoque. C’est à l'ours blanc qu’ils ont emprunté leur manière de s'approcher du phoque, alors que celui-ci est sur la glace à se chauffer au soleil à côté de son trou. Ainsi, l'ours se traine doucement vers le phoque, « touten lui parlant, » comme disent les Esquimaux, jusqu'à ce qu'il ait raccourei la distance au point de pouvoir se jeter d’un seul bond sur sa proie, Les Esquimaux prétendent que s'ils avaient le don de « parler » aussi bien que l'ours, ils prendraient beaucoup plus de phoques.

Voici quelle est la tactique du quadrupède: il comménce par se diriger avec beaucoup de précaution vers le point noir qu’il aperçoit au loin sur la glace et qu'il sait être un phoque. Alors qu’il en est encore loin, il se met à plat ventre et rampe sur le côté vers son gibier. Le phoque, pendant ce temps, fait ses courts petits sommes de dix secondes environ, au bout de chacun desquels il lève la tête et examine l'horizon, avant d'entreprendre une nouvelle sieste. Dès que l’amphibie lève la tête, l’ours « parle » en demeurant parfaitement immobile. Le phoque, s’il aperçoit quelque chose, ne voit en somme que la tète de son ennemi, qu’il prend pour celle d’un autre phoque, et plein de confiance il se rendort. C’est alors que l'ours s'approche de nouveau, tout prêt à s’arrêter au moindre signe. Et le manége se continue de la sorte jusqu’à ce que le pauvre phoque soit pris ou parvienne à s'échapper, ce qui est le cas le plus rare.

Quand un Esquimau a réussi à s'emparer d’un jeune phoque, il attache une corde à l’une des nageoires infé-

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rieures de l'animal, et il le laisse rentrer dans la niche de neige où il a été pris. C’est un moyen d'attirer la mère à la défense de sa progéniture et de s’en emparer aussi. M. Hall raconte une chasse de cette espèce dont il fut témoin,

« Le jeune phoque, écrit-il, avait quinze jours ou trois semaines et, comme tous les jeunes phoques, il était blanc sans l'être cependant autant que la neige qui nous entourait, Koudjessi, tenant en main l'extrémité de la ligne, longue de # ou 5 toises (7 à 9 mètres), laissa le petit amphibie libre de ses mouvements. Celui-ci n’eut rien de plus pressé que de regagner l’iglou qui lui avait servi de berceau et de faire ensuite un plongeon par le trou de la glace communiquant avec la mer. Koudjessi lui lächa toute la longueur de la ligne et, le harpon en main, entra en rampant dans l’iglou du phoque, où je me blottis à côté de lui, attendant patiemment que là mère vint se montrer à son tour, Au bout de trois ou quatre minutes, le jeune phoque revint, soufflant comme une petite baleine et élevant au-dessus de l’eau sa tête ronde et luisante, aux yeux brillants comme des escarboucles. Il essaya tout d’abord de regrimper dans son berceau, que nous occupions, mais Koudjessi le repoussa avec un petit coup sur la tête qui voulait dire : « Va-t-en, « plonge encore, va faire voir à ta mère que toi, l’objet « de sa tendresse, tu as quelque chose qui te tourmente, « et quand elle viendra à ton aide, moi je suis là tout « prêt à la harponner aussi. »

« Tandis que nous étions ainsi à l'affût, je profitai de l'occasion pour examiner à loisir comment était faite l'habitation d’un phoque. Je la trouvai semblable à celles que se construisent les Esquimaux, et formant un dôme

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