N LA SIBÉRIE ORIENTALE
russe de ravitaillement touche à l'embouchure de l'Ouda chaque été, avec une année ou deux de provisions destinées à l’ispravnik et à ses douze ou quinze Cosaques, pour remporter en même temps à l'Amour F « yassak », ou impôt annuel en fourrures recueilli des indigènes résidant dans le district par ces agents de l'autorité. Sous
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Église d'Oudskoi,
l'empire de telles circonstances, on conçoit que larrivée de traineaux, même d'Algasee, soit considérée comme un événement, à plus forte raison quand ces traineaux amènent des gens absolument étrangers au pays.
La réception de lispravnik fut très-cordiale. C'était un jeune homme d’une trentaine d’années dont le seul passetemps était de jouer et de boire de l’eau-de-vie avec le
de l'Ouda ons desti-
Cosaques, yassak », igènes rérité. Sous
que l’arconsidérée id ces trai- $ au pays.
C'était un
seul passe-
ie avec le
pope du lieu, son seul compagnon. L'un et l’autre exercent leur autorité comme ils l’entendent, le gouvernement russe, vu l'éloignement, s’inquiétant peu de vérifier comment les affaires sont conduites dans ce pays perdu. Les voyageurs furént logés chez le pope, et dès le lendemain de leur arrivée, l'ispravnik leur donna une « vetchourka » ou soirée dansante, à laquelle fut convoquée la fine fleur de l'endroit. Quatre braves paysannes, femmes de Cosaques, y représentaient le beay sexe: le sexe laid était représenté par l’ispravnik, son médecin, le prètre et quatre ou cinq Cosaques. La solennité se passa dans la maison d’un des Cosaques.
Dès cour arr ée, les Américains avaient notifié à l’ispravnik leur désh ‘le poursuivre leur voyage aussitôt que possible, et comme ils étaient pourvus d'instructions écrites de Nicolayefsk à tous les fonctionnaires et sujets russes de leur route d’avoir à leur fournir tous les renseignements et toute l'assistance possibles, ils espéraient pouvoir se remettre en marche dans un bref délai. Mais, soit désir de jouir plus longtemps de leur société, soit simple indifférence, l’ispravnik les prévint qu'il leur faudrait attendre au moins deux mois avant qu’on pût se procurer des guides et des rennes. Toutefois le voisinage d’un campement de chasseurs tongouses qui leur promirent un nombre suffisant de montures abrégea ce délai. Ainsi rassurés, ils s’arrangèrent pour attendre au moins de la Civon la plus confortable possible, fêtés d’ailleurs à souhait par la petite société du lieu. Pendant ce temps, ils virent arriver à Oudskoi des marchands vakoutes, venant d’Yakoutsk avec des troupeaux de rennes chargés de thé, de tabac et de bijouterie, pour échanger contre des fourrures avec les Tongouses. Les
intrépides marchands avaient déjà parcouru plus de 2,000 kilomètres, et ils n'étaient qu'à la moitié de leur voyage. Ils font ces tournées chaque hiver, s’arrêlant à Oudskoi pour se procurer des passe-ports.
Le point à atteindre maintenant pour nos voyageurs élait Aian. La seule route que suivent les indigènes pour s’y rendre du district d’Oudskoi est très-longue et trèssinueuse, puisqu'ils passent par Yakoutsk ou par la rivière Maimikan, bien avant dans l’intérieur des terres. Or ils voulaient, eux, trouver une route plus directeentre
les monts Tjouggour et la mer et où puissent être établis û l des dépôts accessibles aux chaloupes baleinières ou canots 4 l qui remontent un certain nombre de petites rivières n ayant leur source dans cette chaine et leur embouchure M dans la mer d’Okhostsk. Mais des chasseurs tongouses qui ? leur avaient procuré des rennes, aucun ne connaissait le 4 ] pays à l’est des monts Tjouggour, qu’il s'agissait d’ex- " l plorer. Deux indigènes, toutefois, s'engagèrent à les ac- ‘ compagner. Un nouveau Cosaque, nommé Ivan, remplaca 0 « Yakov avec mission de ne les quitter qu’à Okhotsk. Les ni n
provisions furent renouvelées, telles que thé, bœuf, sucre et « sukarie », ou pain noir séché en petits gâteaux, et aussi du beurre vakoute fait sans sel, et quelques kilogrammes de lait. Le lecteur s’étonnera peut-être d’entendre parler de lait au kilogramme. C’est qu’à cette saison le lait n’est plus un liquide; une fois gelé, on peut le transporter dans un sac tout le reste de l'hiver; on en détache des fragments à la hachette quand on veut s’en servir. On prit aussi de l’oukale, poisson séché, puis des chaussures et des bottes fourrées et plusieurs bonnes paires de souliers à neige. Ce ne fut pas toutefois sans de nombreux avertissements plus ou moins sinistres
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