‹ La Sicile et les BourbonsChapitre 13 sur 24 · NOUVEAUX ABUS. — REVOLUTION UE IS'2U · texte numérisé non relu

NOUVEAUX ABUS. — REVOLUTION UE IS'2U

Les ministres napolitains, ailleurs de l'ai le n lut politique de la cour, comme il était bien naturel, ne s'arrêtèrent jjas aux lois de 18-16. Leur projet élait do détruire bientôt toute séparation administrative des deux Étals. Le systi-mr ii]i|.éri:il, qu'ils trouvèrent établi solidement à Naples, leur parut un excellent moyen : aussi n'eurcnt-iU d'autre soin que de copier, avec l'inlilulalion de Ferdinand l rr , le Code Napoléon et toutes

1 Chiffre du dernier h ud gel de IMIi. . . . 2 ibb OOUooces. Taxe additionnelle pour les roules provioeiales 63 000

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les lois bonnes ou mauvaises de Joseph Napoléon et do Joachim Murât, et de les proclamer en Sicilo. Qu'on ae figure la stupeur îles Siciliens , qui s'étaient endormis avec leur libre et forte individualité du moyen fige, et qui se réveillaient tout à coup au milieu de l'égalité , de la concentration et du despotisme de l'empire français 1 l'ar malheur, toutes les innovations étaient accompagnées de la perle de quelque liberté, Boit pour les citoyens, sait pour les communes, soit pour la Sicile considérée comme corps politique.

Une autre conséquence des lois de 181 G, ce fut de persuader l'opinion publique napolitaine que la Sicile élail déjà une province de Naples, et qu'il fallait l'exploiter au profit de la métropole. Ceci mit le comble à l'animosité qui existait entre les deux peuples : animosi té ancien ne, augmenté avers la moitié du xvnï' siècle, et poussée à un degré effroyable après la révolution française , lorsque la cour envoya à Naples des magistrats-bourreaux siciliens pour juger les procès politiques, et ensuite emmena avec elle en Sicile cette colonie do courtisane, d'intrigants et de satellites, qui s'empara du gouvernement jusqu'à 18H, et qui, par représailles, eut à souffrir la misère et les injures après 1812. La tendance de l'usurpation , on 1811} , se communiqua du ministère à une grande partie du la population napolitaine ; la réaction de l'opinion publique de la Sicile s'adressa en même temps à la nation et au gouvernement qui voulaient ensemble faire les maîtres en Sicile.

Les fautes déplorables de 181 G commencèrent bientôt à parler leurs fruits. En 1820, la révolution ayant éclaté à Naples, le parlement de ce royaume prétendit

absorber la Sicile au nom do deux principes : le droit divin de son roi confirmé par le traité de Vienne, et la démocratie, qui ne devait pas laisser fiilfisUr cri

do 1812. Une grande partie des Siciliens ne furent pas du même avis, et, par une logique meilleure, voulurent conserver l' in dépendance de la Sicile et adopter comme Naples la constitution espagnole. On en vint aux mains le 17 juillet. Les Napolitains, battus à Païenne, trouvèrent des sympathies dans quelques autres

ne se prononçât pour la constitution de 1812, et qu'il n'entraînât l'abolition des centres d'administration départementale et des tribunaux dans les cliefs-lieux de département établis en 181Ï et 181!). La Sicile se trouva ainsi divisée , et au mois de septembre une armée vint faire le siège de Palerme, sans crainte d'être attaquée par les autres populations. Après deux semaines de combats opiniâtres , qui ne tournèrent pas à l'avantage des assiégeants, on signa le ~) octobre une capitulation , qui permettait d'arranger le différend à l'amiable, par une convocation de dépuléB de toute la Sicile. Mais le parlement de Naple.a de 1820, dans un de ses accès d'orgueil guerrier, déchira la convention de l'alermc comme déshonorante pour ses soldats, et ne crut pas qu'il y eût déshonneur à garder les fortifications ot les armes qu'on lui avait rendues en vertu du même acte. On conçoit aisément que cette faute immense ne servit pas à augmenter la fraternité des deux peuples. La question, d'ailleurs, fui tranchée au bout de quelques mois par les Autrichiens, qui vinrent occuper Naples et la Sicile en 18'2I .

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