‹ La Sicile et les BourbonsChapitre 15 sur 24 · XVI · texte numérisé non relu

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deux Étais comme liste civile, corps diplomatique, guerre et marine, seraient payées les trois quarts par Naples et un quart par la Sicile ; proportion onéreuse pour la Sicile. En effet, sa population n'atteignait pas le quart de celle de [tapies , son revenu public restait au-dessous de celte proportion. Les ressources des contribuables étaient bien moindres pour mille raisons, entre autres parce que le montant des chargea communes se dépensait presque en entier à Naples. La Sicile payait un Iributnnnucldulâà l G millions sans qu'il en rentrai seulement 3 ou -'i dans sa consommation. La proportion ainsi établie, les budgets des dépenses communes se faisaient à Naples, les comptes se rendaient à Naples et la trésorerie de Sicile ne savait qu'un chiffre dont elle devait payer le quart. Avec cela il surgissait toujours de nouvelles créances du trésor de \aples; lanlùL c'étaient les frais de la guerre en Sicile en 1 820 , tantôt ceux d'une expédition pour assurer, disait-on, la tranquillité publique en cette île, comme en 1837; puis en 4B!18 une indemnité a payer aux États-Unis d'Amérique pour

des navires séquestrés à Naples par Murât tandis que la Sicile obéissait à Ferdinand do Bourbon. Mais nous payons l'indemnité, disaient les ministres napolitaine, pour éviter une guerre qui niennrerait la Sicile comme Naples. En 1840, letoi, sur les smUciullooe très-empressées du prince de Satriano , le destructeur de Messine, qui s'occupait alors des sporulations lodus-

Irielles. accorda à une compagnie française te monopole des soufres de la Sicile, au grand détriment des propriétaires de l'Un, do l'industrie de la France et de l'Angleterre, et du commerce do tontes les nations. L'Angleterre réclama; trompée indignement par le roi, elle commença h faire des prirrs dans les mers de Naples ; et Ferdinand, entendant raison après ces actes d'hostilité, abolit le monopole, indemnisa la compagnie française et les négociants anglais, et Ht payer fout cola a la Sicile. C'était lui-mémo et ses ministres napolitains qui avaient établi I

leur propre profit; c'était pour éviter une guerre déjà commencée qu'ils avaient déchiré lo contrat. Mais les mines de soufre ne se trouvent pas 4 Naples, ré- Déchit le roi : que toutes les indemnités restent donc à lu charge de la Sicile. D'après cette logique , on ne s'étonnera pas si le trésor de Sicile s'épuisait pour acquitter ses dettes envers celui de Naples, et ûc parvenait jamais à remplir le gouffre.

Passons aui chiffres.

Le revenu public établi en 181C

pour 23 100 000 fr. à savoir 1 848 000™

montait, en 1846,4 1H $75 000 fr. . 2 318 000

Lin tizod b, Ci

dont il ne figurait sur le budget que 2 255 000 onces bous le prétexte que la différence, résultant d'une taxe additionnelle dp 1 ■ pour 100 eur la propriété foncière, servait à la construction i)e routes de par terne nia les n'appartenant pas .ï I administration do l'Étal.

Analysons maintenant c» hoilgel de IS'.ti, qui dun jusqu'à la révolution.

I.a partie acliie ■. ■ - -- ; ■ ■ ■ oiiw ; Impôt foncier à raison de 17 pour 100 à peu près, dont il ne figurait an budget do l'État que 15 \ environ,

pour la somme de 583 398°"

Laproportion de l'impôt au revenu était, en réalité, beaucoup plus forte, parce que les cadastres remontaient à 1811 , époque où les prix des denrées étaient le double et le triple des prix actuels.

Droit de mouture, sans y comprendre

l'octroi communal G07 114

Douanes 577 533

Riens nationaux seulement 9 500

On assigna le reste aux princes du sang.

De riches commanderies furent accordées aussi aux princes ou à des favoris , et ùlées au trésor do In Sicile.

Lotorie royale 137 300

Retenues sur les employés , impôts et recettes diverses 340 155

Total de la recette 2 255 000

Les dépense» peuvent se classer ainsi :

Contribution à Naples pour le quart des dépenses communes, comme liste civile, corps diplomatique , ministères,

guerre et marine 1 115 7W'

Dette perpétuelle 1 53 073

Dette temporaire 63 333

Fonds d'amortissement 40 000

Intérêts à 3 et 4 pour 100 sur les scmmesemprunléesautrésordeNaples. 20 000

Irai I em en t d es magistra ts e t e m ploy és, de l'État et des départements et frais

do bureaux 646151

Institutions ayant pour objet le commerce et l'industrie 3 812

Instruction publique 4 925

Travaux publics , . 2T 350

Une partie des dépenses pour les travaux publies pour les départements n'était pas comprise dans ce chiffre.

Supplément de frais pour la gendarmerie 11 560

Au delà do la contribution de la Sicile pour lo département de la guerre.

Dépenses diversesà la charge de l'État et des départements 298 271

Total de la dépense. ... 2 384 215 Déficit. ... 129 215

Il faut ajouter au chiffre de la dépense loua les frais de culte, d'instruction publique, traitement des juges d'arrondissement, prisons d'arrondissement et les énormes contributions qu'on chargeait sur les communes pour les administrations départementales.

Concluons :

Le gouvernement avait augmenté le revenu de 1816 ù pou près de 6 OUI) 00U de francs sans convoquer le

La cour volait à la Sicile le revenu des biens nationaux Cl les eonimaiidmi:s rpi'clle avait assignées aux princes du sang, pour dépenser aulant de moins de la liste civile.

La Sicile pavait à Xaples comme tribut la moitié de son revenu, plus les dépenses extraordinaires que le trésor do Naplcs touchait en argent, ou en prenait les intérêts à il et 4 pour 100.

Sur un revenu de 29 000 000 do francs, le gouvernement ne laissait qu'un chiffre de 100 000 fr. pour les établissements d'instruction et d'encouragemenlau commerce et à l'industrie, cl de 342 000 fr. pour les travaux publics. Il est bien entendu que toutes les économies et les suites du déficit diminuaient toujours ces articles de luxe plutôt que les fonds de la police et de la guerre.

Pour mieux exploiter la llnance sicilienne, les ministres deNaples eurent le soin de mettre leurs compatriotes et leurs créatures à la tète des administrations; ils donnèrent les douanes à des régisseurs napolitains; ils organisèrent un nouveau cadastre avec des règlements tendant à une exagération impudente de la valeur des fonds; ils inventèrent, pour la levée

de l'impôt sur las farineB, un vaalo réseau d'employés qui absorbaient un quart de la recette et commettaient partout des vexations inouïes. En un mot, les ebarges publiques, très-lourdes en elles-mêmes, le devenaient davantage par l'esprit fiscal et les mauvaises habitudes du despotisme. Pour y ajouter aussi la dérision, le roi, de temps à autre, publiait des décrets sur la réduction de quelques impôts, les faisait valoir dans les journaux étrangers, et ensuite, sans bruit, maintenait le statu quo. Ainsi, en 1847, sentant approcher l'orage, il diminua lo droit sur les farines par un décret, et ordonna la continuation du tarif actuel par un rescrit, sous le prétexte que la différence servirait a payer certaines dettes des communes envers lo trésor.

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