ÉTAT HCTVBL DE LA SICILE
En attendant, nu se [iréparo des deux cotés. Les Sicliïns qui, par irop de mPj ris de leurs enoemia avaient négligé l'organisation militaire, se sont aperçus, à leurs dépens, dans I affaire de Messine, que la •<••, '.i -■ !i:i!riiîii\ il «ru'.'.iTie fl I :irl militaire sont dea compensations à bien des défauts. Aussi, ils ont redoublé d'efforts pour former leur armée de troupes régulières; ils rint fait venir de l'étranger, de France surtout, des officiers d'armes spéciales; ils ont fait des achats considérables de fusils, d'artillerie, de munitions; ils ont fortifié leurs villes principales, barricadé les rues, mis les eûtes en état do défense. L'efficacité de ces mesures est redoublée par un fait constant, évident : la volonté de deux millions d'habitants décidés à suuleuir jusqu'à la dernière goutte de leur sang la déchéance des Bourbons. Ce n'est pas une expression d'usage; la résistance de Messine le prouve bien. Cette ville se laissa ravager par le feu et les projectiles , sans offrir sa soumission; après l'occupation, une grande partie des habitants l'ont quittée. Avec Messine, il reste dans la ligne napolitaine Milazzo, Barcelone, et quelques villages : nulle part il n'a été peasible d'instituer dea municipalités, de trouver des fonctionnaires. Les décrets du roi de Naples sont déchirés, et on affiche à leur place ceux du parlement sicilien, qui pénètrent nonobstant toute la surveillance do la police militaire.
IjBs femmes sortent de l'église quand on annonce les prières pour le roi ; les miiitaircs restent parfaitement an quarantaine au milieu de ce peu de familles qui n'ont pas abandonné les villes occupées. Encore un exemple de la popularité de Ferdinand le Bourbon, dans cetle petite pointe do la Sicile: Le parlement sicilien, entre autres ressources do finance, avait ordonné la saisie des argenteries des églises dans toute l'île. Jîb bien ! les prfltres do Barcelone ont réuni la leur, l'ont consignée à un comité secret, et celui-ci a trouvé le moyen du la faire passer en contrebande dans la ligne sicilienne. Ce sentiment pénétre toutes les classes, arrive jusqu'aux buttes des paysans, se trouve dans chaque hameau comme dans chaque ville. Avant l'occupation de Messine, le roi de flapies se vantait par ses journaux d'avoir un parti dans l'île. Dégoûtées par celte forfanterie, les municipalités qui, selon la constitution sicilienne, sont tout à fait indépendantes du pouvoir central, se sont empressées une à une d'envoyer des adresses au président du gouvernement et au parlement pourprotester de leur adhésion constante au décret de déchéance du Bourbon, au statut constitutionnel et au gouvernement actuel. En Sicile, à la lettre, il n'y a pas un seul individu qui désire le retour des Bourbons. En demande-t-on une autre preuve? La finance ressentait un peu lie gène au mois de décembre dernier. Un emprunt négocié à Paris manqua tout à coup. Eh bien I la nouvelle arrive à Païenne vers le 1 5 ; le parlement autorisa un emprunt forcé; on dresse une liste et les citoyens versent dans une demi-journée toute la somme chargée sur la ville, c'est-à-dire un million el demi do francs ! Esl-il
digne do la Liberté '.' ost-il dispose à eu faire bon marché ce peuple où cet élan s'est répété cent fois boub dît formes diverses, pendant In révolution de 1848?