‹ La Sicile et les BourbonsChapitre 23 sur 24 · XXVII · texte numérisé non relu

XXVII

concbosioir.

Qu'on nous permette enfin de dire quelques mots sur les intérêts du pays même qui fait le sujet de la question. A part son intérêt général à la liberté, ù l'indépendance et à l'union italienne, il en a un autre que tout le monde sentira : pour la Sicile, maintenir son émancipation ou retourner seus les Bourbons : c'est la vie ou In mort. Nous ne faisons pas de phrases. Pourrait-on se figurer encore une fois roi de la Sicile ce vieil ennemi vaincu, condamné par la représentation nationale, par tous les corps politiques constitués en Sicile, chassé, insulté, déchiré de mille manières, marqué au front du titre de bomba sur les pièces ù son effigie, reproduit en mille caricatures, mutilé dans ses statues, surchargé des noms les plus odieux, maudit par les enfants quand leur langue peut il ju-iiii' liiilln^ier i ( 1.1 Mi] ucs mots? Supposons-lo religieux au lieu de bigot, généreux au lieu do rancunier , philosophe au lieu d'être imbu de préjugés ; supposons-lui toutes les vertus qu'il n'a pas, comment pourrait-il gouverner encore une fois la Sicile/ U domplera-t-il par lesannes? ï renlrera-t-il par un

arrangement? Huns quel ras pourrait-il y avoir jamais de la confiance oolre lui et les Siciliens, entre ceux-ci et l'armée napolitaine, la cour, lea ministres et tous leurs satellites?

Non , la Sicilo flétrie , foulée aui pieds, surchargée de dettes que trente parlements ne pourraient pas lui épargner , tomberait dans la plus affreuse des désorganisations sociales; les vengeance a appelleraient des vengeances ; ta tyrannie nécessaire, inévitable , appellerait de nouvelles révolutions , de nouveaux malheurs pour tout le momie, prince et peuples. Et les Siciliens ont dëji mesuré de leur regard cet abîme. Ce serait de leur part un calcul, plus qu'un mouvement de rage, île se laisser tuer, de se faire hacher plutôt que de plonger dans l'abîme, plutôt que de saluer comme leur roi Ferdinand le Bombadatore !

L'exposé que nous nous étions proposé est fini. Nous avons voulu faciliter l'examen et l'appréciation des hommes politiques appelés d'une manière quelconque à se prononcer entre la Sicile et le roi de Naples. Qu'ils interrogent maintenant leur conscience avant d'appuyer cette monstrueuse restauration ! Qu'ils pensent surtout qu'il ne s'agit pas d'une émeute, de l'insurrection d'une ville ou d'un district, pour quelques jours ou quelques semaines, mais de la volonté unanime et légalement exprimée par un parlement qui date du su' siècle, par deux, millions d'habitants de l'ancien royaume de Sicile , et cela pendant treize mois, et saris un moment d'opposition d'aucune ville , d'aucune classe de citoyens.

Le cas actuel est celui d'une guerre do nation à nation , ou pour mieux dire, du chef d'une armée

contre une nation. C'est une conquête que Ferdinand de Bourbon prétend faire de lu Sicile.

Maintenant, qu'esl-ee qu'on attend des puissances médiatrices? Qu'elles remplissent leurs engagements avec la Sicilo, cl qu'elles appuient le droit. Le sons du mot médiation n'est pas, comme quelques-uns ont voulu le soutenir en celte circonstance, qu'il faille trouver toujours une voie moyenne entre lesdomandes des deux parties belligérantes : ce serait jouer sur les mots dans une aifaire très-sérieuse. La médiation consiste à s'interposer entre les deux parties , à éviter l'effusion inutile du sang , et par la raison et l'autorité faire désister chaque partie do ses prétentions injustes. Dans le cas particulier que nous examinons , les deux puissances médiatrices, quoique dans des degrés différents, ont aussi un autre devoir : celui de s' acquitter des obligations qu'elles ont contractées avec la Sicilo, l'uuean 1812, ollesdeux ensemble en 1848.

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Mémoire n'ayant pas permis j l'auteur de corriger avec eïaeliludc les feuilles i et &, il s'y est glissé quelques fautes qu'il importe beaucoup de corriger. N'ayant pas le temps de réimprimer ces feuilles, nmi - ïliiiiiu-;! «Iilwe de donner Yerrnta

Page ligne lli . communiai* fl H., : communiquée par Sir. Page M, ligne i, mi la mtmt anurt , etc. , transporte! tout l'alinéa à la page SI , a la fin du $ XIV.

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