S VII
PREMIÉBE VIOLATION DE LA CON5TtH:îlON PAR I.E ROI FERDINAND III.
Ou reste, daua la position que la cour avait prise en Sicile, sa présence n'était pas un moyen de conciliation. L'ingratitude s'ajoutait au* autres griefs. La famille royale arriva pour la première fois a Palcrme
d'une tempête affreuse, elle se présenta avec le cadavre d'un prince, et la reine, la pauvre mère de cet enfant mort dans la traversée , s'adressa à la foule ; « Palormi tains , leur dit-elle, voulez-vous donner asile à votre reine V » Qu'on se ligure l'ivresse avec laquelle le peuple , plein do pitié et de dévouement , répondît à cet appel. De tous les côtés on s'empressa de rendre des services à la famille royale fugitive et à ceux qui l'avaient suivie dans son mallieur : les nobles offraient leurs meubles les plus précieux; le peuple applaudissait, tous se vouaient à la défense du tr6no ; tous oublièrent les torts de la cour jusqu'à ce qu'elle eut repris ses mauvaises habitudes, sa morgue, ses
rigueurs de police , sa tendance à. éloigner des affaires les Siciliens, el aurlout son goût pour leur argent. Elle Força les eaisses de la banque et des raontsde-piélépour 6olû"er les brigands du cardinal Huffo. Heconduile par ceux-ci sur la terre de Naples, chassée du nouveau eu Sicile par les armes françaises, on 180!i , elle se mil enfin a exploiter le pays sans aucun ménagement.
Aussi , à la veille de I ouverture du parlement en 181(1, l'exaspération des- deui eûtes était, arrivée à son comble. Des Napolitains ni grand nombre, ayant suivi la cour dans sa seconde émigration, prétendaient être payés fort clier pour leur loyauté et promettaient des miracles pour reconduire les iiourbons à Naples. En attendant \U leur faisaient la police en Sicile , ils n'étaient emparés de toutes les places et servaient de conseillers et d'instruments à la reine
Marie-Caroline. Un sait que, sous le nom du roi, c'était Mario-Caroline qui gouvernait. Esprit éclairé , caractère orgueilleux, pa-siimne, vie-lent, intriguant, cupide et prodi^ur à la l'ois, Marie-Caroline espérait encore arracher Naples aui Français et la Sicile aux Siciliens, et croyait que les émigrés napolitaine lui suffiraient pour tout cela. Rien do plus naturel que la réaction deB Siciliens contre cette espèce d'invasion étrangère. Ils no paraissaient pas du tout disposés à foire de grands sacrifices pour alimenter ces mêmes espions , qui emplissaient d'innocents loe prisons de la Sicile, ctv nnissaires qui ensanglantaient les provinces de Naples, el ces troupes préparées pour une folle entreprise.
Le foyer de l'opposition était toujours dans la
chambra des pain. Or, nomme h'» Fcudatairee en raison du service uiilihiire échappaient aux impots ordinaires, la cour se Huila d'auiciiier contre eux les autres classes en ébruitant nu projet dn taxation égale sur toutes les propriétés Féodales ou non ; car elle pensait que de celle manière les communes et les prélats lui accorderaient, aux dépens des nobles, tout l'argent qu'elle demanderait. Mais à l'ouverture des chambres en 1810, l'opposition devança le gouvernement par une renonciation spontanée de son privilège , et ainsi la loi île l'impôt foncier unique accompagna la délibération du parlement, qui refilait une partie dr:s Mibsidrs i'Ninionliiiaircs.
Déjouée alors dans ?cs intrigues, la cour no se fit pas un scrupule de violer la constitution. Kii 1 S 1 1 ,
munes et de l'église, et eut recours 1 l'absurde impôt d'un pour cent sur les valeurs en circulation. La protestation collective que lircut, contre ces ordonnances illégales, presque tous 1rs pairs du royaume, n'eut d'autre résultat qu'un acte encore plus arbitraire : l'arrcstalhiii di : s cinq \>n iders signataires. Il Fui question de peinrs capitales; mais la clémence royale aidant, les cinq pairs ne furent qu'enfermés au secret dans les donjons des îlots qui avoisinent la Sicile.