‹ La SigmoïditeChapitre 15 sur 17 · TS A · texte numérisé non relu

TS A

OBSERVATION IX (inédite ‘).

H..., soixante ans, entre en juillet 1886, dans le service de M. le D' Gangolphe à l'hôpital de la Croix-Rousse pour une affection inflammatoire de la fosse iliaque gauche . ayant débuté douze ou quinze jours avant. On constate une tuméfaction siégeant à un travers de doigt au-dessus de l’arcade crurale, dans le voisinage de l’épine iliaque antérieure et supérieure gauche et faisant saillie légère à la surface de la paroi abdominale, Rougeur à la peau. Ventre en bateau. Pas de phénomènes d’occlusion intestinale ni de vomissements. Coliques douloureuses. Etat nauséeux. Malade amaigri, cachectique, fébricitant.

On ordonne provisoirement : cataplasmes. Repos au lit et quelques lavements.

Au bout de deux ou trois jours, la douleur est toujours très vive et l’état général ne fait que s’aggraver. On intervient.

Incision parallèle de l’arcade crurale comprenant peau, tissu cellulaire sous-cutané, aponévrose et plan museulaire. On essaie d’abord de suivre la voie sous-péritonéale et d'arriver de cette façon sur la collection.

Malgré tous ses efforts, M. le professeur Gangolphe est obligé d'ouvrir le péritoine qui offre alors des

! Nous devons cette observation à la bienveillante obligeance de M. le professeur agrégé Gangolphe, chirurgien-major désigné de l'Hôtel-Dieu, à qui nous adressons nos respectueux remerciements.

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cavités cloisonnées avec un liquide citrin et séro-purulent. En décollant quelques adhérences, on trouve une masse rouge violacée recouverte d’exsudats fibrineux adhérents épais et sur la nature desquels on reste indécis.

Une ponction est faite dans cette tumeur avec une aiguille de Pravaz ; elle ne ramène ni liquide, ni gaz.

L’impression de tous les assistants est qu'il s’agit d'un néoplasme avec phénomènes de péritonite et d’inflammation.

On met un drain et on fait un tamponnement à la gaze iodoformée. Les jours suivants, le malade paraît soulagé ; il a quelques selles. La température assez élevée avant l'opération a notablement baissé. Pas de phénomènes de péritonite généralisée. Toutefois l’état général devient de plus en plus mauvais et le malade meurt en huit jours dans la cachexie et le marasme,

L’autopsie fut pratiquée et alors qu’on s'attendait à trou ver une tumeur, on fut très surpris de ne rencontrer qu’une S iliaque indurée, violacée, entourée d’exsudats et de péritonite localisée : le néoplasme n’était autre chose qu’une sigmoiïdite.

Nous terminerons ce chapitre de clinique en mettant ici quelques considérations relatives à un malade que M. le D" Jaboulay eut à soigner en 1892 à l’Hôtel-Dieu.

Ils’agissait d’un Hongrois sujet depuis longtemps à une constipation opiniâtre et se plaignant de vives douleurs dans le flanc gauche. Il y avait en même temps des signes de péritonite. |

Le malade était amaigri, presque cachectique ; la bouche était sache et la langue chargée. Au bout de quelques jours d'observation pendant lesquels on avait donné des

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lavement; et fait des applications de glace sur le ventre, l’état général ne s’améliorant pas et la péritonite persistant l'intervention fut décidée.

Monsieur le D' Jaboulay pratiqua un anus contre nature sur la jonction du côlon et de l'S iliaque; cette opération montra un point du gros intestin qui était ulcéré et qui était la cause de la réaction péritonéale avoisinante. Celleci ne fut pas arrêtée, et le malade succombait huit jours apres.

L'autopsie qui fut pratiquée montra qu'il n’y avait pas de néoplasme comme on l'avait supposé et qu’il ne s’agissait que d’une inflammation de LS iliaque et du côlon descendant ayant entrainé une péritonite.

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