‹ La simplification de l'orthographeChapitre 3 sur 17 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

rendu compte qu'il importe à la France, j'entends à l'État français, de ne pas rendre son idiome rébarbatif à plaisir. Voilà pourquoi, à l'unanimité, le Congrès de l'Alliance française nous a donné son adhésion, et pourquoi l'Alliance nous a rendu le grand service d'encarter notre circulaire dans son Bulletin. Voilà pourquoi d'autres que des grammairiens s'intéressent à la pétition, et pourquoi, comme le savent les lecteurs de ce journal, un amiral français a cru servir le pays en se faisant notre collaborateur.

Tout cela, encore une fois, est le fruit de la modération. Quoi de plus modéré, en effet, que des réformateurs qui ne prétendent pas agir par eux-mêmes, et qui n'agitent l'opinion que pour lui demander de s'en remettre à l'Académie française? Les esprits radicaux ne manquent pas parmi les signataires de la pétition, ni non plus les esprits timides; mais tous ont écouté la voix de la raison, soit pour s'assagir, soit pour s'enhardir; et tous ont fait également cet acte de fermeté, d'imposer silence à leurs impatiences ou à leurs appréhensions personnelles. Gela n'était pas moins méritoire que d'oublier à propos certains sujets de discorde. C'était se soumettre à l'autorité légitime. Car en matière d'orthographe, quoi qu'on ait pu dire ou écrire là-contre, l'autorité légitime est l'Académie.

Et voyez ce qu'on gagne à suivre l'esprit de discipline. Cette Académie purement française, où nul n'entre s'il n'est notre concitoyen, et dont les portes seraient fermées même à un Joseph de Maistre ou

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