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CHAPITRE III

Eléments de doute et de diagnostic

Dans le chapitre précédent, je n'ai eu qu'un but, grouper les observations de simulation, suivant les formes cliniques qu'elles peuvent affecter et montrer leur ressemblance avec ces formes. J'ai même, pour certaines d'entre elles, enlevé la gangue qui pouvait obscurcir leur reflet clinique.

Dans le chapitre actuel, mon but est tout différent. Si le tableau clinique de la simulation se confondait absolument avec celui de la maladie, aucun doute ne viendrait à l'esprit du médecin sur la possibilité d'une simulation et le diagnostic de celle-ci ne se poserait même pas pour lui C'est ce qui arrive dans certains cas; ainsi, dans l'observation suivante rapportée par Snell(i),où ce médecin n'eut que longtemps après, à propos d'une seconde crise de folie, le doute que l'individu, observé une première fois par lui, pouvait avoir simulé.

Obs. XXV. — Un individu, sous le coup d'une accusation

(1) Allg Zeitschrift fur Psychiatrie. Cité par A. Laurent. Loc. cit., p. 87.

grave, conserva pendant plusieurs mois toutes les allures d'un stupide. Immobile, constamment à la même place, la douche elle-même ne produisait chez lui aucune réaction. Au bout de ce temps, le mouvement et la vie parurent revenir peu à peu et cet homme finit par ne plus offrir aucun signe de maladie. Rendu à la liberté, il continua sa vie criminelle et fut rencontré, neuf ans plus tard, dans une prison par Snell. Il gisait sur un lit, ne parlait pas, mais écrivait. C'est alors seulement que notre Confrère eut Pidée que la première fois, il pouvait y avoir eu simulation, mais il ne put avoir qu'une simple présomption.

Dans certains cas, le tableau clinique offre bien des ombres, mais ces ombres sont légères et la précision apparente de l'ensemble des symptômes donne le change, si bien que le médecin conclut à la folie là où il n'y a que simulation. C'est le cas de Marc, à propos de Gilbert, dont je parlais dans le chapitre précédent, de Gilbert (2) qui avoua plus tard avoir simulé.

Il est, en effet, des simulateurs qui simulent avec une telle perfection qu'ils peuvent tromper le médecin le plus expérimenté. Ces simulateurs sont surtout des individus ayant vécu au contact des aliénés qu'ils ont pu observer et qu'ils imitent ; ainsi Marius (obs. XVII), ainsi B.. (obs. XX), etc., etc.

Heureusement, ces cas de ressemblance parfaite sont rares; dans la très grande majorité des cas, il existe des ombres au tableau clinique et ces ombres

(2) A. Laurent. Loc. cil , p. 34.

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deviennent autant d'éléments de doute et consécu tivement de diagnostic. Eléments de doute et de diagnostic se confondent, en effet, dans ce cas. Ce sont ces éléments que je vais étudier dans le présent chapitre. Mais ils ne résident pas dans les seules ombres symptomatiques, ils ont encore, je l'ai indiqué déjà, d'autres origines possibles : les antécédents de l'individu, le mobile, l'époque et le mode d'apparition des troubles psychiques et sont ainsi fournis par V examen direct du prévenu et par Y examen indirect.

Examinons d'abord ceux fournis par l'examen indirect.

Ce sont ceux provenant des antécédents du prévenu des mobiles du crime, de l'époque d'apparition des troubles psychiques par rapport au crime, du mode d'apparition de ces troubles.

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