‹ La simulation de la folieChapitre 35 sur 48 · IMBÉCILLITÉ ET SURDI-MUTITÉ · texte numérisé non relu

IMBÉCILLITÉ ET SURDI-MUTITÉ

Pour ce qui concerne l'imbécillité, il existe généralement chez le simulateur une désharmonie entre

l'expression de la physionomie et le degré d'arrêt de développement feint. Cette expression est plus intelligente que ne le comporterait ce degré, de là un doute qui naît dans l'esprit du médecin dès sa première rencontre avec le prévenu. Ce doute se confirme, par l'examen plus approfondi de celui-ci qui laisse échapper à certains moments des réponses dénotant une intelligence bien développée ; par des modifications qui se produisent volontiers dans le degré de l'imbécillité, suivant la qualité des personnes en présence desquelles se trouve le prévenu, très marqué devant le médecin, ce degré le sera beaucoup moins devant d'autres personnes; par les renseignements contenus au dossier ou que l'expert fera prendre par les magistrats. Enfin, l'arrêt de développement est une tare qui remonte haut dans la vie de l'individu et qui a dû s'affirmer chez le prévenu bien avant l'acte criminel commis par lui.

Quand à la surdi-mutité, les doutes ne naîtront pas aisément à son sujet ; cela ne sera guère que la situation de prévenu du prétendu sourd-muet qui éveillera l'attention du médecin, lui fera rechercher les antécédents et le fera surveiller avec soin pendant un long temps pour le prendre en faute.

Je n'insiste pas davantage sur la surdi-mutité qui ne me paraît pas avoir un grand intérêt en simulation. Quant à l'imbécillité, si elle est volontiers exagérée, ainsi que nous le verrons plus tard, elle est rarement, elle aussi, simulée de toutes pièces.

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