Chateaubriand et son groupe, t. H, p
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joindre, à la médisance par révélations douteuses, la médisance par sous-entendus plus que douteux. Et tout cela, sous couleur de littérature ! On voit sans peine où le système peut aller ! Supposons un écrivain qui, avec les mêmes tendances que Saiate- Beuve, ait un goût moins décidé pour toutes les délicatesses de l'art, et le pas qui reste à faire se fera : la critique ne sera plus qu'une province de cette chronique scandaleuse, qu'on ne lit que sous le manteau et où vont se repaître, dans l'ombre, toutes les malsaines curiosités.
Je sais bien que des taches réelles déparent souvent les renommées les plus brillantes ; « il u'y a pas de grand homme pour son valet de chambre ». Mais, on l'a dit, qu'est-ce qui obligeait M. Sainte- Beuve à se faire le valet de chambre de M. de Chateaubriand? Serait-ce le pur amour de la vérité? Est-il donc sûr que ces mesquines révélations fassent gagner à l'histoire autant qu'elles font perdre à la littérature? Si elles ôtent quelque chose au plaisir d'admirer, ajoutent-elles, en revanche, au profit de savoir? Sait-on mieux, grâce à elles, ce qu'il importe de ne pas ignorer en histoire ?
11 est permis d en douter. Voltaire écrivait de La Beaumelle : « Il débite sur les maréchaux de Villars, de Villeroi, sur les ministres, sur les femmes, des historiettes ramasssées dans les cabarets*. » Même quand on les ramasse ailleurs, ces historiettes