‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 108 sur 185 · Décade philosophique y 20 messidor, an X · texte numérisé non relu

Décade philosophique y 20 messidor, an X

un certain droit des gens, que la nature humaine ne saurait assez reconnaître. C'est ce droit qui fait que parmi nous la victoire laisse aux peuples vaincus ces grandes choses : la vie, la liberté, les lois, les biens, et toujours la religion, quand on ne s'aveugle pas soi-même*. »

En reproduisant ce témoignage, Chateaubriand le fait suivre de ces mots :

« Ajoutons, pour couronner tant de bienfaits, un bienfait qui devrait être écrit en lettres d'or dans les annales de la philosophie : ^abolition de resciavage-, »

Deux ans avant le Génie du Christianisme^ W"" de Staël avait rendu aussi justice à la Religion de l'Evangile, dans son livre célèbre de la Littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales. On se souvient que cet écrivain philosophe appuie sa doctrine sur la foi en la perfectibilité : c'est le fondement de son ouvrage. Croître, s'élever, devenir plus beau et meilleur, voilà, à ses yeux, la destinée du monde ! Le progrès est indéfini et irrésistible.

Théorie séduisante, mais, pour le dire en passant, plus brillante sans doute que solide. En effet, la loi delà perfectibilité continue et nécessaire, si elle existe ici-bas, repose sur une intervention mystérieuse de la Providence, qui, donnant le progrès pour but à l'humanité, l'y conduirait de loin et par des moyens à elle, dont elle ne nous a pas livré le secret. Ou bien c'est une force, déposée comme un

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