‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 110 sur 185 · Ibid.y Uv. III, chap. ii · texte numérisé non relu

Ibid.y Uv. III, chap. ii

obstacle aux cruautés arbitraires d'une « colère despotique ». Et puis, « pendant que les princes mahométans donnent sans cesse la mort ou la reçoivent, la Religion, chez les chrétiens, rend les princes moins timides, et par conséquent moins cruels. Le prince compte sur ses sujets, et les sujets sur le prince* ». Chateaubriand, qui renvoie à cette page, en adopte les idées. Il ajoute même qu'il ne faut pas en vouloir aux papes du moyen âge d'avoir jeté l'interdit sur les royaumes et forcé les empereurs de venir rendre compte de leur conduite au Saint-Siège. C'était, si Ton veut, un abus de pouvoir; « mais en blessant la majesté du trône, ils faisaient peut-être du bien à l'humanité. Les rois devenaient plus circonspects : ils sentaient qu'ils avaient un frein et le peuple une égide ^ ».

Sans doute, durant tant de siècles, il est impossible que le clergé ait échappé à tout reproche.

Page 1