‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 113 sur 185 · Villemain, Éloge de Montesquieu · texte numérisé non relu

Villemain, Éloge de Montesquieu

cette parole fameuse : « Chose admirable ! La Religion chrétienne, qui ne semble avoir d'autre objet que la félicité de l'autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci*. »

C'est l'idée même du Génie du Christianisme, surtout dans les derniers livres.

Chateaubriand est resté toujours fidèle à cette doctrine. Près de trente ans plus tard, on en retrouve le sens général dans les Etudes historiques. Il montre là que le monde moderne est né au pied de la Croix. C'est la Religion de la Croix qui a fondé la société nouvelle, en détruisant deuxabominations, base de l'ancienne : le polythéisme, qui faussait la vérité religieuse et avec elle toutes les vérités morales, et l'esclavage qui corrompait toutes les vérités politiques. C'est à elle que l'on doit, parmi les grands changements qu'elle a opérés dans l'ordre social, « V émancipât ion des femmes et le principe de Végalité humaine, inconnu de l'antiquité polythéiste 2 ».

Ce que l'écrivain disait ainsi au public, il se le disait à lui-même dans cette conversation intime a propos de ses impressions et de ses souvenirs qui s'appelle ses Mémoires, Il n'y jugeait pas différemment l'influence du christianisme dans l'histoire du monde.

Justement, l'année même où parurent les Études historiques, il fît un voyage en Suisse. Il avait

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