‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 12 sur 185 · Virgile, Enéide, livre IV, H · texte numérisé non relu

Virgile, Enéide, livre IV, H

universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait*? »

Ce tableau est justement célèbre. Que lauteur ait appuyé un peu sur le pinceau, la perspective de la scène Texplique. Mais la vigueur des métaphores n'empêche pas qu'il n'ait dit vrai, au fond. Ce sont assurément de bien pauvres auxiliaires de Thistoire que ces propos méchants, qui volent de bouche en bouche. Ils nuisent à la vérité beaucoup plus qu'ils no lui profitent.

Et même quand on les tient directement de ceux qui les ont jetés dans le public, ils ne sont pas toujours dignes qu'on s'y arrête. On sait que Sainte- Beuve sollicita vivement et qu'il obtint Thonneur de fréquenter le salon de M"** Récamier, où Château briand, alors dans tout l'éclat de sa renommée, — c'était après 1830, — tenait, pour ainsi dire, sa cour. Il vit là l'illustre écrivain, qui s'abandonnait peu, môme dans ce cercle d'amis ou d'admirateurs. Il raconte néanmoins qu'un jour Chateaubriand fit une assez longue déclaration sur ses croyances, et il la rappelle 2. Etail-il présent lui-même? On le penserait à Tentendre, mais il ne le dit pas expressément. Si cette déclaration était absolument authentique, elle prouverait simplement que l'ancien disciple des philosophes incrédules éprouvait, de temps en temps, comme des rc tours offensifs de Tincrédulité, qu i ne paryenaient pas à le vaincre, ou, selon l'expression chrétienne, des tentations contre la foi, dont sa foi triomphait, mais sans réussir à les éloigner pour toujours.

Page 1