‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 125 sur 185 · Mémoires d'outre- tombe ^ t. V, p · texte numérisé non relu

Mémoires d'outre- tombe ^ t. V, p

On sait que, de 1832 à 1833, Tabbé Guéranger travailla à rétablir les Bénédictins à Solesmes. Chateaubriand applaudit à ses efforts et les encouragea. Et c'est, en vérité, une lettre bien curieuse, de la part d un homme, dont on a voulu faire un sceptique, que celle qu'il adressa au courageux fondateur :

« Comme nous sommes tous deux chrétiens »,lui disait-il, «travaillons dans l'attente de cette éternité savante, vers laquelle nous approchons tous les jours. C'est là que nous retrouverons nos vieux Bénédictins, bien plus instruits qu'ils n'étaient sur la terre ; car ils étaient hommes de vertu comme de science, et (ils) contemplent maintenant, d'une vue bien autrement étendue, l'origine des choses et les antiquités de l'univers.

« Comptez-moi, je vous prie. Monsieur, au nombre des Bénédictins honoraires de Solesmes^ et croyez au vif désir que j'éprouve de vous être bon à quelque chose.

« Ex intimo corde^ hnmillimiis et addictissinnis serviis^

« F. A. de Chateaubriand ^ »

Bénédictin honoraire de Solesmes^ c'est tout ce que Chateaubriand a été, dans sa vie, comme moine, et c'est bien assez : il ne pouvait pas être davantage. Mais il n'est pas douteux qu'il avait pour la vie du cloître une rare estime et pne profonde sympathie. Les religieux étaient, pour lui, ce qu'ils

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