Hist., I
« sont cimentées ne tombent pas de ses yeux. Et « moi, je pense que de ces souflrances méprisées, « de ces calamités des humbles et des petits, se « forment, dans les conseils de la Providence, les « causes secrètes qui précipitent du faîte Je « dominateur. Quand les injustices particulières se « sont accumulées de manière à l'emporter sur le « poids de la fortune, le bassin descend. Il y a du « sang muet et du sang qui crie : le sang des « champs de bataille est bu en silence parla terre; « le sang pacifique répandu jaillit en gémissant « vers le ciel, Dieu le reçoit et le venge ^ »
Certes tous les comptes ne se règlent pas ici-bas : il entre dans les desseins de Dieu de rendre TÉternité nécessaire aux yeux des hommes. En voyant ce qu'il reste de désordres impunis sur la terre, quiconque croit à la justice tourne invinciblement les yeux vers l'autre vie, l'appelle et l'attend. « C'est Ja grande maxime d'État de la politique du ciel », disait Bossuet avec magnificence-.
Chaque homme ne reçoit donc pas nécessairement sous nos yeux ce que méritent ses œuvres. Citoyens de l'autre monde en même temps que de celui-ci, Dieu nous retrouve après la mort. Sa justice peut marcher maintenant d'un pied boiteux ; elle nous atteindra toujours sur Tautre rive.
Mais il n'en est pas de même des nations, groupements d'un jour que l'Éternité ne connaît pas. Si la Providence ne veut pas laisser sans récompenses