juUlet
miracle pour qu'elle ne périsse pas en Europe*. » Guéneau de Mussy ne prenait pas bien au sérieux ces accents mélancoliques et ces lugubres prophéties : il les attendait.
^ 11 avait écrit lui-même à ChênedoUé, quelques jours auparavant, une lettre spirituelle, où il se jouait agréablement de leur ami commun, <( le cher et illustre Corbeau », qui « était un exilé, un désespéré » plutôt qu' « un poète célébré partout » et « un secrétaire d'ambassade plus puissant qu'un « prince de TÉglise».
« Hélas! oui. Dans les premiers jours de son « arrivée, ce cher voyageur était sous le poids « de la grandeur de Rome ; il ne pouvait suffire à « la force de ses impressions et au tumulte de ses « pensées. 11 se passait dans son imagination comme « un vent puissant qui fait courber les hautes « forêts. Le Pape l'avait accueilli avec une distinc- « tion particulière, avait été à sa rencontre, l'avait « nommé son fils, son cher Ch,^ lui avait dit qu'il « lisait son livre, et lui avait indiqué le volume et « la page où il en était, etc. Et maintenant, je ne « sais quel vent de découragement a soufflé, ou « quel crocodile s'est réveillé au fond de son cœur, (( mais il gémit sur les bords du Tibre, comme « Ovide jadis sur les bords de la mer Caspienne; il '< se croit abandonné de toute la terre au milieu « de la gloire dont il la remplit tout entière, il « parle même de prendre un parti... et — voyez « comme le ridicule se mêle quelquefois dans la