août
« conduite des grands hommes — parce qu'un « M. Guillon veut écrire un voyage en Italie, il ne « veut pas écrire le sien : siècle I ô mémoire^ l »
Le fait est que l'état de son âme ne fit qu'empirer; ses lettres le prouvent bien. Il se frappe, il se monte, tout lui est à charge, y compris lui-même, et de toutes parts il aperçoit des ennemis acharnés à sa perte. Il l'écrit encore à Guéneau de Mussy : il lui dit qu'il est exposé « aux plus infâmes calomnies », sans doute à propos de M"*" de Beaumont, morte récemment à Rome même. Il parle de menaces des galères, du cachot, de Vexil perpétuel, du poignard italien dirigé par les philosophes français et suspendu sur son cœur; et enfin il laisse entendre fort clairement qu'on a tenté de Tempoisonner. Au milieu de ce trouble profond, environné d'ennemis qu'il n'attendait pas dans la ville des papes, il lui semble que sa religion même l'abandonne, et il écrit : « Ce n'est qu'avec des efiforts prodigieux que je parviens à conserver ici un reste de foi 2. »
Évidemment il est agité, tourmenté, hors de son équilibre, hors de lui ; il voit tout en noir, il exagère tout, il aggrave tout, et Ton se tromperait certainement en prenant ses paroles à la lettre. Ce qu'il y a de vrai, comme il le dit lui-même, d'ailleurs, c'est que les hommes n'étant pas de son avis sur la manière de comprendre les intérêts de la Religion, il « n'espère rien des hommes pour la Religion». Mais Dieu est là toujours, et il peut faire « un