août
â. 20 décembre 1803.
miracle; » il faut môme qu'il fasse un miracle, s'il veut sauver le Christianisme dans la vieille Europe *. Bref, au milieu de ses sombres pressentiments, dans ces paroles découragées où le chrétien se retrouve encore, et jusque dans les confidences sur l'état douloureux de son âme, on sent le trouble, on entend, si l'on veut, le cri d'une foi qui lutte, on n'entend pas le gémissement désespéré d'une foi, qui succombe. Lui-même, du reste, s'aperçoit qu'il s'égare, et c'est un mot très chrétien, un mot de repentir, qui suit l'aveu des agitations de son âme et le couvre : « Je ne veux pas sonder les voies de la Providence; je n'ai que trop murmuré. »•
Voilà la vérité ! Au fond, il n'y a là que des murmures, les murmures d'un cœur aigri et d'une vanité mécontente.
Ce qui le montre bien, c'est qu'au moment même où il envoyait à ses amis ces confidences désolées il s'occupait à commenter la Bible^. Quittant Rome quelque temps après, il se rappelait que le meilleur souvenir qu'une âme chrétienne puisse donner aux morts est encore une prière, et il allait prier dans l'église Saint-Louis-des-Français sur un tombeau cher à son cœur. C'était son adieu.
Trente ans après, en 1833, il écrivait dans les Mémoires (T outre-tombe : « Quand les premières semences de la Religion germèrent dans mon âme, je m'épanouissais comme une terre vierge, qui, délivrée de ses ronces, porte sa première moisson. Survint une brise aride et glacée, et la terre se