Dans les Mémoires (V outre-tombe, t. VI, p
3. Son adversaire était Emile de Girardin, qui fut blessé luimême.
xi.ait de loin le vertige. Malheureusement, on s'en souvient, il ne put le voir. Le chirurgien, qui gardait encore quelque lueur d'espérance, avait interdit sévèrement la porte à tout visiteur. Chateaubriand se retira « consterné ». Mais il n'avait pas renoncé à sa généreuse pensée, et il allait faire le lendemain une tentative nouvelle, quand son valet de chambre, envoyé devant lui, vint lui apprendre qu'il était trop tard ; Armand Carrel avait déjà paru devant Dieu.
Le jour des funérailles, le malheureux père lui dit en l'embrassant et au milieu de ses larmes : « Armand aurait été chrétien comme son père, sa mère, ses frères et sœurs : l'aiguille n'avait plus que quelques heures à parcourir pour arriver au même point du cadran. »
C'est en rappelant ces paroles qu'il a fait luimême cette déclaration significative : « Je regretterai éternellement de n'avoir pu voir Carrel sur son lit de mort; je n'aurais pas désespéré, au moment suprême, de faire parcourir à V aiguille l'espace au-delà duquel elle se serait arrêtée sur l'heure du chrétien*. »
On était alors en 1836. C'est Tannée même, on le sait, où parut ce livre fameux sur les Affaires de Rome qui, succédant aux Paroles d'un Croyant^ brisait définitivement tout lien entre l'auteur et l'Eglise; Lamennais glissait pour toujours dans