‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 15 sur 185 · Chateaubriand et son groupe, t. II, p · texte numérisé non relu

Chateaubriand et son groupe, t. II, p

Evidemment, il serait tout à fait injuste de n'insister que sur les zigzags. Or, c'est précisément ce que Sainte-Beuve a fait lui-même, au point de vue religieux et moral, surtout dans les notes qu'il a ajoutées à la première rédaction de son ouvrage. Il s'est laissé entraîner sur sa pente; il a donné dans le travers familier aux médisants. Il en résulte que l'impression qu'il laisse est injurieuse pour Chateaubriand. Il peint sa figure de profil, en ne montrant que ce qu'elle a d'irrégulier. L'image n'est pas ressemblante; le procédé du peintre l'a enlaidie et déformée; c'est une preuve nouvelle qu'il est mauvais.

Il faut donc condamner cette critique inquisitoriale, qui ofiFense la justice, ne profite pas, nous l'avons montré, à l'histoire, et dont la littérature a aussi le droit de se plaindre.

Mais enfin, telle qu'elle est et quoi qu'on on pense, dans quel esprit Sainte-Beuve en a-t-il usé envers Chateaubriand? On va voir qu'il est loin de l'avoir appliquée, comme il convient à un critique, avec une sympathique impartialité.

§ 3. — La malveillance de Salnie-Beuve

Que Sainte-Beuve soit malveillant pour l'auteur du Génie du Christianisme ^ ce n'est pas contestable. On a parlé de son « pessimisme chicaneur et vétilleux*. » Le mot est juste. Pour qui étudie de près

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