Mémoires (Toulre-lombe, t. VI, p
2. Du Passé et de V Avenir du peuple, dans ItzMémoires d'outre" tombe, t. VI, p. 371.
324 VIE MORALE DE CHÂTEA13BRIÂND
Chateaubriand louait, dans la propriété héréditaire et inviolable, le fondement le plus sûr, la condition expresse de la liberté. « La propriété commune ferait ressembler la société », s'écriait-il, « & un de ces monastères à la porte desquels des économes distribuaient du pain*. »
Lamennais approuvait ces idées. 11 s'élevait avec véhémence contre le rêve dangereux qui voudrait faire de Tiitat le seul possesseur d'un pays.
« Ce mode de possession, s'il est volontaire », disait-il, « est celui du moine astreint par ses vœux à la pauvreté comme à l'obéissance ; s'il n'est pas volontaire, c'est celui de Tesclave là où rien ne modifie la rigueur de sa condition. Tous les liens de l'humanité, les relations sympathiques, le dévouement mutuel, l'échange des services, le libre don de soi, tout ce qui fait le charme de la vie et sa grandeur, tout, tout a disparu, disparu sans retour-. »
Ils avaient donc plusieurs vues communes en politique, et c'est de quoi ils s'entretenaient intimement, loin des hommes, dans une cellule de prison : esprits rares tous les deux, puissants sur l'opinion, imaginations brillantes, maîtres éminents dans l'art de rendre leurs sentiments et leurs idées, riches enfin de toutes les ressources que les luttes de la vie et une longue suite d'années peuvent ajouter aux dons naturels du talent. Mais l'un, génie foudroyé, portait, dans son exaltation et ses inquiétudes, comme la trace brûlante de la foudre