Au même, 28 février
3. Lettres publiées par M. Pailhès : Chateaubriand, sa femme et ses amis, Bordeaux, Féret, 1896, p. 296.
coupable inspirât la conduite ou fût accusé seulement de Tinspirer.
Dans une lettre à ChênedoUé, M"' de Beaumont lui annonce que Chateaubriand est à la campagne avec M"' de Vintimille; elle n'ajoute pas la moindre réflexion : le fait lui semble tout à fait naturel ^ « Une transformation sociale s'est opérée » , disait à ce sujet M.Ch. Lenormant. . . « La sociabilité, poussée en France jusqu'à Texcès, avait produit des relations toutes particulières et qui tendent às'effacer^. »
Ne vit-on pas Mathieu de Montmorency s'installer, dans la solitude de la Vallée-aux-Loups, seul avec M**' Récamier? Tous deux étaient mariés, tous deux aussi avaient une réputation de vertu incontestée. Le premier était même dune religion rare; il passait pour un homme austère et un chrétien pieux jusqu'à une sorte de sainteté. Mais déjà les usages commençaient à se modifier, et la duchesse de Broglie disait en souriant : « Quand on écrira la biographie de Mathieu dans la vie des saints, convenez que ce tète-à-tête avec la plus belle et la plus adorée femme de son temps sera un drôle de chapitre ! »
Cette réflexion n'a rien assurément d'injurieux; elle est même bienveillante. Seulement on y sent l'influence des mœurs nouvelles, qui protestent
1. « Le petit corbeau (Guéneau de Mussy) est parti pour la Bourgogne, l'autre corbeau (Chateaubriand) est à la campagne avec Mauvais cœur. » Mauvais cœur était le sobriquet familier de M"' de Vintimille, dans cette société où chacun avait le sien.