Le Correspondant^ décembre 1872, vol. IX, p
ses Chateaiibriana^ à « re/aire et redresser, après coup, la vie » de Chateaubriand. Il voyait en cela « une dernière manière de le juger et de faire mieux sentir ce qu'il n'a pas été, en n'ayant Taîr que de vouloir montrer ce qu'il aurait pu être. »
Or, au point de vue qui nous occupe, s'il avait ressemblé à ce portrait fantaisiste, s'il avait réalisé l'idéal du peintre. Chateaubriand serait revenu, dans le cours de sa vie, au sceptiscisme de son premier ouvrage. « L'auteur désabusé de VEssai sur les Révolutions aurait reparu peu à peu sous l'auteur vieillissant du Génie du Christianisme^. »
Le même désir perce en un autre endroit : « J'ai l'idée d'un chapitre qui serait : Quel aurait été Chateaubriand si, au lieu de faire \e Génie du Christianisme^ il avait continué dans le sens de VEssai^ se développant avec talent, philosophie, entière et pleine sincérité, sans être l'homme d'aucun rôle artificiel et le héraut d'armes d'un parti pris. On peut rêver là-dessus toute une carrière^. »
Les deux passages se répondent et se tiennent. De cette esquisse imaginaire, que lui a inspirée son aversion pour le Christianisme, devenue aiguë avec l'âge, il a eu raison d'écrire : « Tel est mon rêve, et le Chateaubriand idéal... que j'aurais voulu 3. »
Habemus confitentem.
Cette confession sincère, mais sans repentir, est intéressante et pleine d'enseignements. Elle explique