‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 37 sur 185 · Nicolardot, Confession de Sainte-Beuve, 1882, p · texte numérisé non relu

Nicolardot, Confession de Sainte-Beuve, 1882, p

n'a été qu'un Tartufe, à rimaginalion éclatante et à la voix harmonieuse, je ne parlerais pas de son 'hypocrisie en souriant, comme on Fa fait; je la dénoncerais plutôt avec indignation au mépris de tous les honnêtes gens. Mais, en réalité, il est victime, âmes yeux, d'une accusation aussi peu fondée qu'elle est adroite et astucieuse. Et de travailler à en laver son souvenir, c'est une entreprise qui présente peut-être quelque intérêt pour les lettres et pour la Religion, et qui a certainement son charme. Quoi de plus doux que de réhabiliter, si on le pouvait, une grande réputation calomniée ?

Cette foi chrétienne qu'il a défendue, Chateaubriand l'avait lui-même dans le cœur. Ce n'est pas un comédien de talent, qui représente un personnage devant le public. C'est un homme d'honneur, excellent en l'art de bien dire, qui, dans l'expression de ses croyances, « se sert de la parole pour la pensée et de la pensée pour la vérité ». Sa gloire est de bonaloi: ce n'est pas une gloire de trétaux.

Le lecteur en jugera.

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