Mémoires iVoutt^e-tombe^ t, I, p
laient les vitraux de la basilique, ébranlaient les voûtes de cette nef que fit résonner la mâle poitrine de Jacques Cartier et de Duguay-Trouin » , il éprouvait un sentiment extraordinaire de religion. Il n'avait pas besoin que La Villeneuve lui dit de joindre les mains pour invoquer Dieu par tous lés noms que sa mère lui avait appris K
Bientôt M™° de Chateaubriand quitta Saint-Malo, avec ses enfants, et alla rejoindre son mari dans Taustère manoir de Combourg. Le chevalier, comme on rappelait, n'était pas depuis quinze jours dans cette solitude, où il se plut dès la première heure, qu'il dut en sortir pour entrer au collège. Il partit pour Dol, tout en pleurs. Là, les penchants de sa trop sensible nature ne tardèrent pas à s'éveiller. Un jour, comme il traduisait l'invocation à Vénus de Lucrèce, il mit dans sa traduction une telle vivacité que l'abbé Égault, régent de troisième, lui arracha le livre des mains, et, pour le calmer, le jeta dans les racines grecques.
Mais la Religion contenait chez lui les passions naissantes et lui apprenait à en déplorer les écarts. Quand vint l'heure de sa Première Communion, il s'y prépara avec une telle austérité que ses maîtres ecclésiastiques crurent devoir modérer ses abstinences et tempérer sa ferveur. Pourtant il portait caché, dans les derniers replis de sa jeune âme, le secret de quelque faiblesse enfantine, dont il ne pouvait se résoudre à faire l'aveu. Il devait recevoir l'absolution le mercredi saint. 11 passa la nuit du