Ibid., t. 1, p. 326, en note
se trouve qu'il n'a plus fait aucun ouvrage « véritablement joint et consistant* ».
Et ce qu'il y a d'étrange, c'est que la plupart des lecteurs ont retenu la note et oublié le texte. Ce qui est répété communément et donné pour l'opinion de Sainte-Beuve, c'est que, si Chateaubriand « a des pages partout, en revanche, il n'a rien que des pages ».
Mais voici où le commentateur app lie principalement, où il s'étend avec complaisance, où il revient sans cesse pour ajouter trait sur trait : je veux dire cette comédie de sentiments que, d'après lui. Chateaubriand aurait jouée toute sa vie. Jusqu'à la publication de l'Essai historique sur les Révolutions, tant qu'il s'est montré sceptique, les notes déclarent qu'il a été franc. Mais depuis ce qu'il a appelé luimême « son retour à la religion », en 1798, ce no peut plus être, ce n'est plus qu'un acteur. Le mot est dit expressément :
« M. de Chateaubriand, depuis (^J5^55rt^) et en définitive, n'a été qu'un grand acteur, cherchant, comme tous les grands acteurs, à placer et à déployer son talent^. »
Ainsi donc, quand il a renoncé aux théories de VEssai, quand il a brûlé ce qu'il avait adoré, — on
1. On remarquera, en outre, qu'il n'est pas dit un mot ici des Mémoires d'outre-tombe, alors qu'ailleurs, dans un appendice cette fois (iôtc?., t. U, p. 436), nous lisons : « Les Mémoires, après tout, sont sa grande œuvre, celle où il se révèle dans toute sa nudité égoïste, et aussi dans son immense talent d'écrivain. C'est le livre peut-être le plus composé de Chateaubriand. » Tout cela, il faut peut-être en convenir, n'est pas très concordant.