Essai, r* partie, chap. xxiv ; Œuvres, t. I, p
2. Ibid., Impartie, chap. xliii; Œuvres, t. I, p. 585-386. On voit qu'il applique de nouveau le nom de sectaires à Platon et à Aristote. Décidément il y tient. Il leur fait ici un mérite de ne pas s'être « déchaînés contre le culte de leur patrie », comme Voltaire et d'Alembert. Or justement, dans le passage cité plus haut, il leur reproche expressément ce « déchaînement contre le culte national ». De telles contradictions ne sont pas rares dans V Essai. Les idées de l'auteur n'étaient bien arrêtées encore sur aucun point.
« Quel fut donc »,s'écrie-t-il, «l'esprit de la secte? La destruction. Détruire, voilà leur but; détruire, leur argument. Que voulaient-ils mettre à la place des choses présentes ? Rien. C'était une rage contre les institutions de leur pays. »
Que s'ils ont l'air de triompher dans ces attaques, il n'y a pas à en faire honneur à leur talent; car « c'est un effet de notre faiblesse que les vérités négatives sont à la portée de tout le monde, tandis que les raisons positives ne se découvrent qu'aux grands hommes. Un sot vous dira aisément une bonne raison contre, presque jamais une bonne raison pour. »
Quant à leur œuvre, elle paraît au jeune critique avoir été stérile. Ils ont fait des ruines sans doute ; ce n'est pas chose malaisée. Mais ont-ils rien édifié? Voilà le point ! « J'en appelle à tout homme impartial : qu'ont-ils produit? »
Furent-ils même sincères? Chateaubriand leur fait Tinjure d'en douter. Il les accuse d'avoir écrit ce qu'ils ne pensaient pas, par envie du « bruit* ». S'ils ont mis le feu au temple, c'est qu'ils voulaient eux aussi se faire un nom.
Ils se sont donnés pour les apôtres de la tolérance. C'est une hypocrisie nouvelle. En réalité, ils demandaient à cor et à cris qu'on tolérât leurs idées, voilà tout ; et ils avaient eux-mêmes « une intolérance d'opinions qui voulait détruire dans les autres jusqu'à la liberté de penser ». Leur esprit, « le vrai esprit des encyclopédistes, était une fureur persé-