‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 64 sur 185 · Essaie II* partie, chap. xxv; Œuvres, t. I, p · texte numérisé non relu

Essaie II* partie, chap. xxv; Œuvres, t. I, p

cutante des systèmes ». Leur acharnement contre la religion catholique tenait de la « rage* ».

En ce qui touche aux mœurs de ces grands redresseurs de torts, le jeune écrivain en fait un tableau, dont il n'est guère possible de reproduire ici toute la vigueur. Il relève une opposition absolue entre leur vie et leurs écrits. Non seulement ils dissertaient sur la guerre, sans y avoir jamais été, « sur le gouvernement oîi ils n'avaient jamais eu de part, sur rhomme naturel qu'ils n'avaient jamais étudié que dans les sociétés de la capitale », mais après avoir écrit le matin un chapitre contre les grands, « ils s'en allaient le soir les flatter dans leurs cercles », ils se mêlaient à la corruption publique, tout en la flétrissant, et prenaient abondamment leur part de tous les vices, en hommes qui n'aimaient pas moins à en jouir qu'à en médire^.

C^est une véritable exécution. L'utilité de leur œuvre, leur morale, leurs convictions et jusqu'à leur talent, tout est contesté, tout est nié même, dans un livre oii, d'autre part, on expose avec un zèle sympathique les doctrines anti-religieuses auxquelles ils consacrèrent leur vie.

Il est vrai que l'humanité entière n'est pas jugée avec beaucoup plus de faveur. Pourquoi s'étonner qu'on parle sans croire soi-même ce que l'on dit, uniquement dans l'intérêt de sa renommée ? « Après tout, dit l'auteur, je ne sais si un homme est jamais parfaitement sûr de ce qu'il pense réellement^. »

Page 1