‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 66 sur 185 · Ibicf,, II* partie, chap. xm ; p · texte numérisé non relu

Ibicf,, II* partie, chap. xm ; p

comme d'eux-mêmes dans le Génie du Christianisme et s'y sont trouvés à leur place. Celui-ci, par exemple :

« Il est un Dieu. Les herbes de la vallée et les cèdres du Liban le bénissent, l'insecte bruit ses louanges, et l'éléphant le salue au lever du soleil ; les oiseaux le chantent dans le feuillage, le vent le murmure dans les forêts, la foudre tonne sa puissance, et l'Océan déclare son immensité; l'homme seul a dit : il n'y a point de Dieu.

<i II n'a donc jamais, celui-là, dans ses infortunes, levé les yeux vers le ciel^ ; ses regards n'ont donc jamais erré dans ces régions étoilées où les mondes furent semés comme des sables?... toi que je ne connais point! toi dont j'ignore et le nom et la demeure ; invisible architecte de cet univers; qui m'as donné un instinct pour te sentir et refusé une raison pour te comprendre... j'adore tes décrets en silence, et ton insecte confesse ta divinité 2. »

Il ne s'arrête point à un vague déisme. Il ne se contente pas de saluer de loin l'Être auguste et tout-puissant qu'il aperçoit et reconnaît sous le voile transparent de ses œuvres. 11 parle du Christianisme avec sympathie. Après le réquisitoire philosophique que lui a fourni sa mémoire, il prend la parole en son nom : son cœur réclame en faveur de ce cher condamné. Pourquoi faire la

1. Tout ce qui précède est reproduit dans le Génie, !'• partie, 1. V, chap. II, sauf que Tauteur, dont le godt était devenu plus difficile, a remplacé bruit ses louanges par bourdonne ses louanges, et tonne sa puissance par fait éclater sa puissance.

Page 1