Essaie II* partie, chap. xxxi; Œuvres, 1. 1, p
i32 LA CONVERSION DE CHATEAUBRIAND
guerre à cette religion de nos pères? Que mettrezvous à sa place? Qui défendra comme elle les droits sacrés de la morale? Qui consolera comme elle? Quel autre Samaritain versera une huile aussi douce sur les blessures de Tâme^?
Quant aux prêtres catholiques, au milieu des -communes accusations dont il poursuit tous les sacerdoces, il fait, en leur faveur, des réserves singulièrement caractéristiques.
Il trouve, on le sait, d'une manière générale, <[ue, si l'esprit sacerdotal est dangereux « dans un Etat despotique », « tout considéré, les prêtres «ont nécessaires aux mœurs et excellents dans une république ; ils ne sauraient y causer de mal et peuvent y faire beaucoup de bien- ». Mais il ne les en accuse pas moins d'intolérance et de fanatisme. Il ajoute aussitôt, il est vrai, que nous sommes tous fanatiques à notre manière et pour nos intérêts^
Mais cette sorte d'excuse ne lui suffit pas. Dans un chapitre spécial sur le « clergé actuel en Europe », et particulièrement sur le clergé de France, son expérience personnelle défend les prêtres catho- 'liques contre les reproches généraux que ses théories font à tous les autres. Il proclame qu'ils se distinguent de beaucoup de prêtres antiques, en ce qu'ils sont de bonne foi et croient sincèrement à <;e qu'ils enseignent^. Il dit des évêques « qu'ils
i. Essai, II' partie, chap. xlvii; Œuvres, t. I, p. 593.