Ihid., préface de 1826, p
3. /6£V/.,chap. XXXI, note de l'édition de 1826, t. I, p. 565. Voir aussi p. 568, en note toujours.
le spectacle des belles nuits étoilées ne faisait qu'éveiller dans son cœur un sentiment délicieux de voluptueuse et tranquille poésie. Enveloppé dans son manteau, il se couchait sur le tillac ; ses regards contemplaient les étoiles au-dessus de sa tête. La voile enflée lui renvoyait la fraîcheur de la brise, qui le berçait avec mollesse ; à demi assoupi et poussé par le vent, il changeait de ciel en changeant de rêve^
Mais, d'autres fois, ce calme, cette immensité, ces mondes étincelants, qui roulaient silencieusement dans les profondeurs lointaines du ciel, tout entraînait peu à peu son âme au-delà des chemins lumineux où les astres voyagent, jusqu'à Celui qui a allumé ces soleils et qui les verra s'éteindre. « Nous nous levions la nuit, dit-il, lorsque le pont était abandonné à Tofficier de quart et à quelques matelots qui fumaient leur pipe en silence : tuta aequora silent. Le vaisseau roulait au gré des lames sourdes et lentes, tandis que des étincelles de feu couraient avec une blanche écume le long de ses flancs. Des milliers d'étoiles, rayonnant dans le sombre azur du dôme céleste, une mer sans rivage, Finfini dans le ciel et sur les flots ! Jamais Dieu ne m'a plus troublé de sa grandeur que dans ces nuits où j'avais l'immensité sur ma tête et l'immensité sous mes pieds^. »
Voilà de quel côté sa pensée allait d'elle-même, sans qu'elle eût besoin d'aucun guide pour diriger son élan.