‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 81 sur 185 · Cf. Introduction · texte numérisé non relu

Cf. Introduction

166 DOCTRINES RELIGrtSUSES DE CHATEAUBRIAND

« Ceci suffit à le juger; il n'est pas possible de le « prendre au sérieux. »

Ce petit réquisitoire ne manque pas d'intérêt : c'est un exemple caractéristique de ceux qui ont été mis à la mode contre Chateaubriand. A ce titre, il a son importance et vaut qu'on s'y arrête.

D'abord le reproche, d'où il part, fût-il mérité, la conséquence où il arrive serait évidemment sans proportion ni mesure. Il faudrait appliquer ici le mot de l'école sur la conclusion « plus étendue que les prémisses », laquelle constitue une des formes classiques du sophisme ; latiiis patct quam prœmissœ.

Mais, de plus, l'accusation porte à faux. On n'a qu'à relire le passage ^ Eudore ne dit point que cette comparaison ne pouvait venir à l'esprit des païens. Il raconte, au contraire, que la foule (qui était païenne), accourue sur le pont du navire, la faisait on silence, les yeux attachés sur un spectacle dont la beauté mélancolique touchait même les matelots. Ce qu'il se contente d'avancer en faveur de sa religion, c'est que de jeunes païens de son âge, qui se trouvaient avec lui sur le vaisseau, furent insensibles à cette leçon du néant, tandis qiie lui même put l'entendre, malgré sa jeunesse, formé qu'il était aux graves pensées par une doctrine austère, qui développe la raison avant l'heure, ce que ne fait pas le paganisme. Voilà tout ce qu'il affirme, et l'exemple de Sulpilius n'est pas pour le démentir ; car ce magistrat, qui gouvernait la Grèce,

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