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i72 DOCTRINES RELIGIEUSES DE CHATEAUBRIAND
selon son expression, « avoir trouvé la pie au nid ». Mais vingt-quatre heures après, pris de pitié pour son voleur, il s'arrangeait avec lui presque pour rien et consentait à reconnaître l'édition frauduleuse pour la seconde édition de son ouvrage*.
Il fit mieux encore à propos de ses Œuvres complètes^ qu'il avait vendues à un éditeur connu de son époque, Ladvocat. On était tombé d'accord sur le prix de 700.000 francs. Le contrat fut signé. Mais, pendant la nuit, l'éditeur, ayant recommencé ses calculs, s'aperçut qu'il avait fait un marché extrêmement onéreux. Le matin venu, il court chez M. de Chateaubriand :
« M. le vicomte, je suis perdu ! »
— « Gomment cela? »
— Dans le contrat passé hier, je suis en perte de 200.000 francs. »
— « Vous êtes heureux, dit Chateaubriand en souriant : vous arrivez juste à point. J'allais déléguer mes droits de 700.000 francs pour l'hospice Marie-Thérèse qu'érige M"'*' de Chateaubriand. Je vais faire la délégation de 500.000 francs, voilà tout ! Voici votre contrat ; modifiez-le en ce sens^. »
On voit en même temps comment il savait faire du bien. Sa libéralité était extrême ; elle s'inquiétait plus des embarras d'autrui que des moyens qu'il avait d'y porter remède. Quand Béranger dut renoncer à sa résidence de la Grenadière, il lui offrit avec