‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 87 sur 185 · Villemain, op. cit., p · texte numérisé non relu

Villemain, op. cit., p

toujours accomplie tout entière, mais dont la charilé est aussi un article et le premier de tous, il ajoutait : « C'est la plus facile manière d'être chrétien; l'aumône est plus aisée que la pénitence*. »

Il n'y avait donc pas à craindre que des considérations d'argent, la recherche de quelques profits, fussent capables de lui faire jouer une indigne comédie de sentiments, toute sa vie, même si cette comédie avait pu servir de tels calculs, ce qu'on ne voit pas.

S III. — Passion de la popularité

Convenait-il de redouter davantage pour sa sincérité une passion beaucoup plus noble : celle de la gloire ! Car il aimait la gloire, même sous cette forme plus humble et moins durable qu on appelle la popularité. Il est même curieux de voir cet écrivain, à l'âme indépendante et fière, briguer les sourires de la multitude comme une récompense. Lui qui se plaisait à errer loin de l'agitation et des bruits du monde et à écouter les plaintes mélancoliques du vent dans la solitude des forêts vierges, il n'était pas moins sensible aux acclamations des foules.

Pascal a dit : « Nous avons une si grande idée de Tûme de l'homme que nous ne pouvons souffrir d'en être méprisés et de n'être pas dans l'estime d'une âme ; et toute la félicité des hommes consiste dans cette estime-. »

1. Clergeau, Chateaubriand^ sa vie publique, sa vie intime , ses œuvres, in-8», Paris, Dufour, 1860, p. 161.

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