Ibid.^ loc, cit
avec une netteté qui va jusqu'à la faire paraître singulièrement audacieuse.
Quoi ! c'est le désir effréné de reconquérir un portefeuille perdu qui aurait arraché à Chateaubriand le désaveu de VEssai, au profit des doctrines de Ttiglise ! Mais depuis le Génie die Chintianisme, à aucun moment de sa vie, ni en public ni en particulier, il n'a cessé de se proclamer chrétien. On le verra plus loin, avec les détails nécessaires.
Qu'il suffise ici d'en apporter deux ou trois témoignages, pris dans ces années mêmes qu'on lui oppose, quand il était désormais retiré des affaires et sans aucune ambition ni espérance d'y revenir.
En 1833, il se trouvait à Prague, en mission auprès de Charles X. Le soir, après dîner, dans ce palais de l'exil, les deux petits-enfants du roi, le duc de Bordeaux et sa sœur lui firent raconter son histoire. Naturellement il ne crut pas devoir en reproduire devant eux toutes les phases ; il aurait eu peur de scandaliser leur innocence. Rentré chez lui, comme il consignait ce souvenir dans ses Mémoires j où il laissait parler librement son cœur, il ajouta :
a Aimables enfants ! Le vieux croisé vous a conté les aventures de la Palestine; mais... il ne vous a pas dit... qu'il fut une journée où, comme Julien, il jeta son sang vers le ciel, sang dont le Dieu de miséricorde lui a conservé quelques gouttes pour racheter celles qu'il avait livrées au dieu de malédiction ^ »