Mémoires d' outre-tombe^ t. VI, p
C'est ainsi qu'il déplorait les égarements où l'aVait jeté Tépoque orageuse de la Révolution, et dont le corrigea la blessure profonde que la mort de sa, mère ouvrit dans son âme. Il pensait aux blasphèmes qu'ils lui avaient inspirés ça et là contre de sublimes et divines vérités, et il les comparait sévèrement à lapostasie de Julien et à ses provocations sacrilèges.
A celte date et en ce lieu, ces regrets ne pouvaient qu'être désintéressés : on ne devait les connaître qu'après sa mort, et ils étaient plus que l'expression d'une déplaisance vague et tout humaine ; on y entend bien le croyant ; ils ont l'accent même du repentir.
Aussi M. de Marcellus disait-il, en commentant ce passage : « La première atteinte du malheur avait rendu M. de Chateaubriand athée; la seconde le fit pour toujours chrétien ^ »
Témoignage précieux de la part d'un homme qui, secrétaire d'ambassade à Londres au temps où Chateaubriand y représentait la France, vécut sous le toit et à la table de l'ambassadeur, le vit de près, tous les jours, presque à toutes les heures, et ne cessa depuis de garder avec lui des relations sympathiques et de se tenir au courant de ses idées, de ses sentiments et de sa vie.
Assurément M. de Marcellus est un témoin autrement informé que Sainte-Beuve, qui ne vit guère l'écrivain que chez M""® Récamier, dans ce sanctuaire plein d'encens où il était traité en idole, et qui ne