CAUSES DIVERSES
* Des esprits. hélas! trop superticiels ou trop intéressés pour se livrer à un examen sérieux el, impartial de nos difficultés, croient avoir satisfait à leur devoir de ciloyens en s'écriant: “c’est Riel qui est la cause de tout Je mal, c'est Ini qui » tout fait; il à payé de su tète, maimenant le puys est on sureté." Cette explication est tellement déraisunnable que, si elle était acceptée, nous pourrions nous attendre à de nouveaux troubles, duns un avenir prochain. Le récif sur lequel va se briser une -
VAR MON ALÉKANDRE TAUNÉ. 1
embarcation n'est pas lt seule cause de naufrage. Le moe de construction, la violence de lt tempête, l'insuflisance ou la faiblesse de l'equipage, l'ignorance ou l'incurie des pilotes, en un mot l'ensemble des “circonstances dans losquelles s'accomplit la navigation n'est pas étranger au désastre qui se produit sur nn éeuvil. Quand bien mème on ferait sauter le rocher, sur lequel vient dé so briser l'Algoma, on ne mettrait pas pour cela la navigation du Lac Supérieur à l'abri de lout péril. C'est donc ‘S'aveugler où valoir aveugler las autres, . ue de rejeter sur un seul, les causes des malheurs que nous déplorons tous, A mos yeux, les responsabilités de nos ‘désastres et de nos liontes sont multiples.
. Elles pèsent non-seulement ‘sur les agonts auctits.du soulèvement êt les administrations qui se sont succédées au pouvoir, mais aussi sur bien d'autres. Le peuple cana- . dien et ceux qui le gouvernent en acqué- rant les territoires du Nord-Ouest, n'ont pensé qu'à l'étendue et à la richesse des vastes domaines dont ils entraient en possession. His n'ont pas compris la situation parecequ'ils ne savaient rien ou presque rien de ce qu'ils avaient besoin de connaitre, Les incertitudes, les modifications, les contradictions, etc. ete., qui se trouvent “dans les statuts sont nno preuve évidente de mon assertion. Un des plus gravesinconvénients, c'est que les autorités, partagcant les préjugés de provinces entières, “ont pénétré dans le Nord-Ouest, .avec la
8 LA SPEUATION
défiañce contre tous venx qui s'y tronvaisnt ou le connaissaient, On s'est cru en pos-
session d’un puys ordinaire, tandis, qu'uu
contraire, on arrivait duns un pays entière-
ment inconnu.
Cette iguorance n'aurait pas té si com- .plète si on avait voulu prèter une orcille attentive aux informations qui ont êté dônnées,
, Des hommes distingués par leur caractère, leur pusition et lenr expérience ont tenté, à maintes reprises, de. donner des suggestions et des rensoignements utiles ; on a presqu'invarinblement repouss Lou © ce qu'ils désiraient faire connaltre. , Ou
n'a vien accepté en dehors des données
fournies par les dovumerts, préparés dans les oflices du gouvernement; et jo regrette de le dire, souvent ces informationsauraient dû être les seules reponssées. ‘