BONNE ENTENTE A MANITOBA
L’entrée en Confédération dans la province de Manitoba s’est faite dans des conditions très alarmantes pour la paix et le contentement de ses habitants.
Le danger était trop imminent pour que je ne le visse pas. Secondé par le dévouement intelligent de mon clergé appuyé par les hommes influents du pays et par les amis si distingués qui nous venaient de la province de Québec, nous nous sommes mis à l’œuvre, unis dans une communauté d’idées et de moyens. Nous avons fait faire bien des susceptibilités, étouffé bien des ressentiments, fermé les yeux et les oreilles à bien des provocations, et obtenu une entente telle que les troubles du Nord-Ouest, cette année, n’ont pas provoqué au milieu de notre peuple la moindre agitation regrettable, malgré la douleur amère qu’ils nous ont causée.
Je dois à la justice d’ajouter que nous n’avons pas été les seuls artisans de la bonne entente. Des hommes influents de nationalité et de croyances différentes des nôtres ont fait comme nous, et
avec nous ont contribué à amener un ordre de chose que personne n’avait d’abord pu espérer.