‹ La situation au Nord-OuestChapitre 4 sur 11 · EMPLOYES PUBLICS · texte numérisé non relu

EMPLOYES PUBLICS

Cette première cause de nos difficultés se lie naturellement avec une seconde. Je viens de suggérer l’idée d’hommes en office. Je dois sans doute, à la justice de dire, que quelques-uns de ces hommes étaient qualifiés pour des fonctions plus ou moins élevées auxquelles ils étaient appelés, mais hélas! il n’en a pas été de même de tous. On a confié des emplois même importants à des officiers qui n’avaient aucune des qualités essentielles à l’accomplissement de leurs devoirs. Dans mon humble opinion, il en sera toujours ainsi tant que toutes les nominations se feront exclusivement au point de vue des partis politiques. Tout en nommant des hommes indignes, on en a écartés ou laissés dans l’oubli, d’autres éminemment aptes, et cela uniquement parcequ’il y a cinq, dix ou quinze ans, ils étaient des adversaires politiques.

On se figure quelquefois que tout est bon pour un pays nouveau, sourtout parmi les Sauvages. C’est une grave erreur. Il faut, au contraire, plus de sens, plus de tact, plus de savoirfaire, dans un pareil pays, puisque tout y est à créer, à y organiser. Dans une ville populeuse, un employé public peut être toléré jusqu’à un certain point, lors même qu’il n’est qu’un sot ou un fat; ceux qui sont mieux que lui contre-balancent les inconvénients que seul il ferait naître. Dans le désert ou la prairie, c’est bien autre choses. L’incapacité d’un fonctionnaire est d’autant plus saillante qu'il est isolé. Il n’y a point le moindre doute que si l’on veut bien gouverner le Nord-Ouest, il faut être très particulier sur le choix de ceux auxquels on confie des emplois.

Une qualification indispensable pour eux tous, c’est d’être polis et sympathiques envers les natifs et les colons. Un bon procédé, une parole aimable suffisent pour éloigne]* ou' faire taire un mécontentement. L’autorité à besoin d’exercer un prestige, et c’est une erreur profonde de croire qu’on en impose par la grossièreté et l’arrogance ; ces procédés, au contraire, font beaucoup de mal et dénotent une ignorance plus grande que celle que l’on croit être l’apanage exclusif des illettrées.

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