LES OUVRIERS AUX PIÈCES
À part les outilleurs et les metteurs au point, la règle générale suivie pour la rémunération du travail dans l'automobile est le système des salaires aux pièces. Salaire aux pièces simple, salaire progressif aux primes soit à la production, soit à l’économie de temps, soit avec boni résultant de l'économie réalisée par l’ouvrier sur la matière première, salaire collectif aux pièces commandite), tels sont les différentes modalités que revêt le salaire aux pièces dans l’automobile. Nous allons les étudier successivement, et nous verrons pour chacune d'elles les conséquences qu'on en peut tirer relativement aux arguments que l’on présente en faveur de ce mode de rémunération, ou bien aux objections que l’on élève contre lui.
Il est généralement admis que le salaire aux pièces a pour effet d'augmenter la production d’une usine. Il est impossible de constater le bien fondé de cette asser tion pour l’automobile, puisqu'on n'y à jamais travaillé au temps. Mais nous sommes portés à croire que c'est
cette raison quia déterminé Le patron à établir ce mode
62 LES MÉCANICIENS de rémunération, car la demande qui croissait avec une grande rapidité sur le marché de l'automobile les invitait à augmenter leur production dans ia plus large mesure possible. Les ouvriers, de leur côté, pensaient tirer profit de cette production intensive, puisqu'elle leur permettait de n’avoir d'autre limite à leur salaire que celle dunombre de pièces qu’ils pourraient produire. Ils pensaient en outre que la nouveauté et les bénéfices exceptionnels de notre industrie rendraient les patrons plus larges dans la discussion du prix des pièces. Nous allons d’abord étudier le salaire tel qu’il se présente le plus souvent dans l’automobile, c’est-à-dire
le salaire aux pièces simple, sans aucune modalité.